<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>AMERICA</title><link>http://america.canalblog.com/</link><description>Un catxcat rouge</description><language>fr</language><lastBuildDate>Fri, 24 Feb 2012 00:55:41 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>70. Rideau.</title><dc:creator>andremriviere</dc:creator><link>http://america.canalblog.com/archives/2011/09/28/22183682.html</link><category>6&#xe8;me partie - L&apos;Envol</category><category>escalier</category><category>limite</category><category>pensum</category><category>th&#xe9;&#xe2;tre</category><comments>http://america.canalblog.com/archives/2011/09/28/22183682.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://america.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/22183682/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://america.canalblog.com/archives/2011/09/28/22183682.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: times new roman,times;&quot;&gt;C’est maintenant, apr&#xe8;s la nuit du chagrin d’amour, sous les contreforts et le soleil matinal de la Sal Mountain, une heure environ apr&#xe8;s avoir laiss&#xe9; Moab, que mon cerveau a d&#xe9;cid&#xe9; que le voyage &#xe9;tait fini. Un de ces recoins de mati&#xe8;re grise que je ne retrouve pas a tir&#xe9; le rideau sur la derni&#xe8;re r&#xe9;plique et le noir qui s’ensuivit a fait comprendre qu’elle &#xe9;tait la derni&#xe8;re. J’aime ces th&#xe9;&#xe2;tres de l’inachev&#xe9; qui me laissent en d&#xe9;s&#xe9;quilibre au bord du vide et obligent &#xe0; penser &#xe0; ce que je viens d’entendre pour trouver seul la racine, la liane, la branche, &#xe0; quoi me raccrocher. Plut&#xf4;t qu’une fin, heureuse ou triste mais forc&#xe9;ment mauvaise puisque servie sur le plateau.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: times new roman,times;&quot;&gt;Delicate Arch a signifi&#xe9; mon cong&#xe9; et a ferm&#xe9; le ban, et c’est dans le noir que j’ai contempl&#xe9; mes derniers panoramas, roul&#xe9; mes derniers kilom&#xe8;tres, mang&#xe9; mes derniers dollars. La travers&#xe9;e de l’&#xe9;tat du Colorado est tout sauf un pensum et j’ai de quoi raconter, j’ai vu malgr&#xe9; le noir, j’ai observ&#xe9;, j’ai visit&#xe9;. Je compte bien ici m&#xea;me &#xe9;crire encore quelques pages utiles. Mais la pi&#xe8;ce qui s’&#xe9;tait ouverte sur la travers&#xe9;e du Mississipi se ferme bel et bien au pied de Sal Mountain, dans le souvenir de la belle gracieuse.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: times new roman,times;&quot;&gt;Le rituel exige un peu de temps, tout comme au sortir du th&#xe9;&#xe2;tre il faut laisser au silence assez de temps pour s’installer avant que l’on puisse commencer &#xe0; parler de la pi&#xe8;ce. Ou alors, elle &#xe9;tait tr&#xe8;s mauvaise. Il faut descendre l’escalier du paradis au milieu des gens qui enfilent leur zibeline, et la descente de l’escalier est aussi un moment du spectacle. Voil&#xe0; pourquoi je dois raconter les trois derniers jours.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: times new roman,times;&quot;&gt;Nous savions qu’il fallait suivre des torrents, traverser des for&#xea;ts, et peut-&#xea;tre c&#xf4;toyer de la neige. Un col &#xe0; trois-mille-cinq-cent m&#xe8;tres d’altitude, nous an avions d&#xe9;j&#xe0; connu un, au milieu des tourbillons de flocons sur une route de plus en plus glissante. Il fallait s’attendre &#xe0; tout. La fournaise de Moab ne facilitait pas l’imagination dans ce domaine, mais nous l’avions d&#xe9;j&#xe0; &#xe9;prouv&#xe9;, les temp&#xe9;ratures changent vite en ce pays. Justement, je voulais voir comment nous allions passer de ce monde min&#xe9;ral &#xe9;cras&#xe9; de chaleur &#xe0; une v&#xe9;g&#xe9;tation un peu plus digne de ce nom, comment nous allions sortir du d&#xe9;sert. J’ai souvent admir&#xe9; ces passages d’un monde &#xe0; l’autre. Un tunnel sous la montagne, et voici que le petit crachin remplace la canicule, un col et nous sortons du brouillard, un fleuve et le soleil appara&#xee;t sous les nuages.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: times new roman,times;&quot;&gt;J’&#xe9;tais curieux de cette fronti&#xe8;re, la limite Est des d&#xe9;serts de l’Ouest am&#xe9;ricain. Je voulais rep&#xe9;rer l’endroit et le moment pr&#xe9;cis o&#xf9; le d&#xe9;sert br&#xfb;lant qui ne nous l&#xe2;chait plus depuis une demi-lune allait enfin cesser de nous accompagner, allait s’&#xe9;vanouir dans l’eau et la verdure. J’avais bien examin&#xe9; la carte et je savais que cela se produirait entre l&#xe0; et l&#xe0;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: times new roman,times;&quot;&gt;Une bonne partie de la matin&#xe9;e, soleil dans l’œil, j’ai roul&#xe9; parmi les rochers drus et les pentes flamboyantes, j’ai perdu de vue la grande cassure du plateau, le sommet de la montagne. Mon horizon s’est r&#xe9;tr&#xe9;ci petit &#xe0; petit, m’enfermant dans des thalwegs, d’affluent dess&#xe9;ch&#xe9; en ruisseau de cailloux. La route suit les entortillements de la vall&#xe9;e, &#xe9;corch&#xe9;e de falaises et d’&#xe9;boulis. Parfois elle se divise, et sagement je suis les panneaux incertains parfois. J’ai programm&#xe9; l’itin&#xe9;raire mais par moments je me demande si j’ai raison d’avoir confiance en moi. Le soleil semble curieusement plac&#xe9; &#xe0; cette heure, et je ne sais plus si je descends ou si je remonte le cours de la rivi&#xe8;re. Secr&#xe8;tement je m’inqui&#xe8;te, ne rien laisser soup&#xe7;onner &#xe0; ‘Ali&#xe9;nor, tant qu’aucune certitude ne percera. Si nous sommes vraiment perdus, ou si nous sommes exactement o&#xf9; nous devons &#xea;tre, et si j’en suis s&#xfb;r, il sera temps de parler.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: times new roman,times;&quot;&gt;Je ne me suis pas tromp&#xe9;, et en entrant dans la ville, peu importe son nom, je me rends compte que je suis loin au-del&#xe0; de entre l&#xe0; et l&#xe0;, le point o&#xf9; devait s’arr&#xea;ter le d&#xe9;sert. Il s’est enfui en cachette profitant du labyrinthe des thalwegs. L’eau bondit dans le torrent et les arbres couvrent les pentes. Aucun arc de triomphe ne t’a annonc&#xe9; l’entr&#xe9;e dans l’&#xe9;tat du Colorado, tu avais choisi des routes un peu trop secondaires, mais t’y voici. Il est temps de d&#xe9;jeuner.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 28 Sep 2011 21:20:08 GMT</pubDate></item><item><title>La sixi&#xe8;me partie - L&apos;ENVOL. 69. Routine du retour</title><dc:creator>andremriviere</dc:creator><link>http://america.canalblog.com/archives/2011/09/11/22005000.html</link><category>6&#xe8;me partie - L&apos;Envol</category><category>C&#xe9;sar</category><category>douaniers</category><category>gestes</category><category>valise</category><comments>http://america.canalblog.com/archives/2011/09/11/22005000.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://america.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/22005000/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://america.canalblog.com/archives/2011/09/11/22005000.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 18pt; font-family: arial black,avant garde;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Sixi&#xe8;me partie&amp;nbsp;: L’ENVOL&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 18pt; color: #008000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;69.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Routine du retour.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: 14pt;&quot;&gt;Tu ne manqueras pas, plus tard, apr&#xe8;s sept ans de r&#xe9;flexions, de gloser sur la meilleure fa&#xe7;on de terminer un voyage. Rien ne semble plus simple que les gestes &#xe0; accomplir, les rituels, arriver &#xe0; l’heure &#xe0; l’a&#xe9;roport, ne pas s’y perdre, se soumettre aux fouilles et autres inquisitions inutiles et obligatoires, marcher le long de couloirs tous identiques, enti&#xe8;rement d&#xe9;pendant des panneaux des fl&#xe8;ches des portes ouvertes et ferm&#xe9;es, point de boussole dans ce monde qui a perdu le nord et o&#xf9; le seul but est le satellite et la passerelle.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: 14pt;&quot;&gt;Avant cela, se r&#xe9;veiller &#xe0; temps dans le dernier motel, fermer sa derni&#xe8;re valise, celle qu’on avait gard&#xe9; pour la derni&#xe8;re nuit, la derni&#xe8;re toilette le dernier petit d&#xe9;jeuner. Regrouper les papiers de la voiture de location, faire le plein, v&#xe9;rifier le billet d’avion et ne pas le trouver pendant quelques minutes d’affolement, il faut toujours quelques minutes d’affolement dans ces moments l&#xe0;. Charger encore la mule, et partir pour la plus courte &#xe9;tape du voyage, direction le Nord-Est de la ville et le gigantesque rendez-vous de toutes les lignes a&#xe9;riennes du continent.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: 14pt;&quot;&gt;Monter dans l’avion, se compresser comme un C&#xe9;sar, attendre douze heures sans penser au d&#xe9;calage horaire qui se rue, rien n’est plus simple, rien n’est plus difficile. Lorsque j’attends derri&#xe8;re la barri&#xe8;re en verre d&#xe9;poli quelque voyageur en provenance d’une lointaine contr&#xe9;e, je vois sortir du portail coulissant ses compagnons de voyage en chemise &#xe0; fleur et bermuda assorti, ricanant comme touristes en goguette alors qu’il neige dehors. Ils ont fait les gestes mais ils n’ont pas compris&amp;nbsp;; et leur bronzage condescendant me toise.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: 14pt;&quot;&gt;Voil&#xe0; des ann&#xe9;es que je suis revenu, que tous ces gestes ont &#xe9;t&#xe9; accomplis. Les avions ont tous bien atterri, peu importe qu’ils d&#xe9;collent seul compte qu’ils aient atterri, les douaniers m’ont laiss&#xe9; sortir de l’autre c&#xf4;t&#xe9;, du c&#xf4;t&#xe9; des gens d’ici, des gens de chez moi, d’un bord &#xe0; l’autre de la mare aux canards. Et depuis sept ans que je me souviens, &#xe0; aucun moment de ce transport ne m’est venue l’id&#xe9;e d’une fin de voyage, l’id&#xe9;e d’un retour, ni les fouilles ni les cartes d’embarquement ni les nuages sur la France.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: 14pt;&quot;&gt;Alors&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: 14pt;&quot;&gt;Alors rien. Tous ces gestes seront accomplis sagement dans trois jours. Il n’est pas encore temps.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sun, 11 Sep 2011 11:38:09 GMT</pubDate></item><item><title>68. Le dernier parc #2 - Belle arche.</title><dc:creator>andremriviere</dc:creator><link>http://america.canalblog.com/archives/2010/12/13/19867425.html</link><category>5&#xe8;me partie - Retour au r&#xe9;el.</category><category>amoureux</category><category>argentique</category><category>Delicate</category><category>torrifi&#xe9;e</category><comments>http://america.canalblog.com/archives/2010/12/13/19867425.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://america.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/19867425/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://america.canalblog.com/archives/2010/12/13/19867425.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;5&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;font color=&quot;#006600&quot;&gt;2.&amp;nbsp; &amp;nbsp; Belle arche.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;4&quot; face=&quot;times new roman, times, serif&quot;&gt;J’ai voulu voir Delicate Arch d’en bas. Il y avait le point de vue du haut, &#xe0; 10 m&#xe8;tres du parking, qui convenait &#xe0; ma paresse et &#xe0; ma soif ; il y avait aussi le point de vue du bas. D’en haut, elle &#xe9;tait Arche comme les autres, &#xe9;l&#xe9;gante sur sa table de gr&#xe8;s rouge avec La Sal Mountain en fond d’&#xe9;cran, elle encadrait l’horizon de sa gr&#xe2;ce, une photo et voil&#xe0;, au suivant. J’aurais d&#xfb; me m&#xe9;fier mais j’&#xe9;tais press&#xe9; comme un touriste. Je ne me suis pas pr&#xe9;occup&#xe9; de la donzelle. Hop, une deuxi&#xe8;me photo pour la route.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;font size=&quot;4&quot; face=&quot;times new roman, times, serif&quot;&gt;Toutes les fen&#xea;tres, ouvertures, arches, ponts, passages, m&#xea;me le vieux ranch historique, tout a &#xe9;t&#xe9; pass&#xe9; au peigne fin. Il ne restait plus que ce point de vue l&#xe0;, marqu&#xe9; sur la carte, le point de vue d’en bas. Un petit parking au fond de l’impasse, et le tour sera jou&#xe9;. Il reste bien assez de temps. On ne voyait rien du parking, il fallait s’engager dans un escalier, suivre la fl&#xe8;che pour aboutir &#xe0; la plate-forme d’observation. ‘Ali&#xe9;nor torrifi&#xe9;e ne voulait pas me suivre. Elle gardera la voiture et me voici montant.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font size=&quot;4&quot; face=&quot;times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;br /&gt;Autant le dire, j’&#xe9;tais pr&#xe9;venu, il y avait quatre cent marches sur cet escalier en bois. Trois quart d’heure aller-retour. Sans parler du soleil, je n’ai aucune id&#xe9;e de la temp&#xe9;rature qui r&#xe9;gnait l&#xe0;, il n’y avait pas d’ombre. J’avais ma bouteille et mon chapeau, j’avais mon appareil photo, ‘Ali&#xe9;nor &#xe0; l’abri avec la climatisation si elle le souhaite mais ne pas faire tourner le moteur sans arr&#xea;t, surtout. Que celle qui n’a jamais attendu plus d’une heure par une chaleur de western me jette la premi&#xe8;re canette.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font size=&quot;4&quot; face=&quot;times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;br /&gt;D’ailleurs il y avait un distributeur de boissons tr&#xe8;s fra&#xee;ches et tr&#xe8;s sucr&#xe9;es comme ils savent faire l&#xe0;-bas, ce qui est mauvais pour la sant&#xe9; mais mieux que rien.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font size=&quot;4&quot; face=&quot;times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;br /&gt;Te voil&#xe0; parti, un peu coupable et soucieux. Tu l’as fait. Tant qu’&#xe0; cuire et transpirer, autant le faire d’un pas soutenu. Vingt minutes de mont&#xe9;e, tu n’&#xe9;tais pas peu fier. Tu n’as jamais vraiment craint la chaleur alors que tu es si frileux. Non que tu ressentes du plaisir quand le soleil se l&#xe2;che, tu ne fais pas le malin mais ton cerveau, ton cœur, ton sang ronronnent comme un six cylindres bien ajust&#xe9;. Naturellement, tu n’avais pas tout pr&#xe9;vu et tu regrettes le bermuda que tu portes, les mollets te br&#xfb;leront encore &#xe0; Paris un mois plus tard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les compagnons de route se rar&#xe9;fient dans la mont&#xe9;e, bient&#xf4;t il n’y a plus personne &#xe0; d&#xe9;passer ni croiser. Tu veux aller au bout des 490 marches, tu avais mal lu, c’&#xe9;tait 490 et non 400, tu ne t’arr&#xea;teras pas en route, tu ne te contenteras pas de demi-mesure, de quart de cintre, de tiers de citron. Bien qu’essouffl&#xe9; avec cette l&#xe9;g&#xe8;re oppression famili&#xe8;re &#xe0; gauche dans le thorax, tu as pris pied sur la plate-forme et tu as pu regarder. La voil&#xe0;, ta belle, toute &#xe0; toi, personne ne t’a suivi. Tu t’assois sur le caillebotis, les coudes appuy&#xe9;s sur la traverse inf&#xe9;rieure du garde-corps, jambes pendantes. Aur&#xe9;ol&#xe9;e de lumi&#xe8;re, l’immense courbe traverse ton ciel d’une ombre gracile, et la photo du si&#xe8;cle t’attend.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font size=&quot;4&quot; face=&quot;times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;br /&gt;Qui sait aujourd’hui ce que fut la photographie argentique ? On mitraille comme des machines &#xe0; coup de pixels entass&#xe9;s dans de minuscules cartes noires, et on oublie les souvenirs dans un recoin du disque dur. Les logiciels trouvent tous seuls les contrastes et les visages, et si tu veux du bleu du jaune du vert en veux-tu en voil&#xe0;. Du temps de la pr&#xe9;histoire, il fallait soigneusement glisser la pellicule r&#xe9;tive dans la fente, fermer doucement, et tourner la manivelle jusqu’au d&#xe9;clic. Fragile manivelle. Que dire alors des plaques de verres si cassables et des chambres si lourdes de bien avant cette pr&#xe9;histoire ?&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font size=&quot;4&quot; face=&quot;times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;br /&gt;Mon appareil photo &#xe9;tait un appareil argentique muni de ses trois objectifs r&#xe9;glementaires, le grand angle, le zoom moyen et le t&#xe9;l&#xe9;objectif. Soit trois kilogrammes qui m’accompagnaient partout et jusque dans ma mont&#xe9;e des 490 marches. Il me manquait &#xe0; peine vingt-et-un grammes, les vingt-et-un grammes que pesait la pellicule de rechange que j’avais laiss&#xe9;e dans la voiture. Au moment de prendre la photo du si&#xe8;cle, mon appareil m’a signifi&#xe9; que la pellicule en cours &#xe9;tait termin&#xe9;e, justement la deuxi&#xe8;me photo pour la route de tout &#xe0; l’heure, c’&#xe9;tait la derni&#xe8;re.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font size=&quot;4&quot; face=&quot;times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;br /&gt;Alors tu restes assis et quelque chose en toi se met &#xe0; pleurer. Tu ne bouges plus, tu es tomb&#xe9; amoureux mais la belle s’est refus&#xe9;e.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font size=&quot;4&quot; face=&quot;times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;br /&gt;‘Ali&#xe9;nor t’attend. Tu descends les marches, il te faudra la demi-heure restante sans te retourner. Demain tu t’en vas, tu viens de le d&#xe9;cider. Tu tournes autour de ce totem depuis la veille, et depuis toujours ce d&#xe9;part &#xe9;tait in&#xe9;luctable. Mais tu n’avais pas pris la d&#xe9;cision, tout autour de toi le faisait pour toi, mais tu n’&#xe9;tais pas encore pr&#xea;t. Pour un peu, tu serais parti par routine, par distraction, par accident. Maintenant, tu pars parce que tu l’as d&#xe9;cid&#xe9;, ce qui est compl&#xe8;tement diff&#xe9;rent. La question des dates, des billets d’avion, des rendez-vous &#xe0; l’arriv&#xe9;e, est une question sans aucune importance. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D&#xe9;sormais, c’est toi qui t’en vas.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;font size=&quot;4&quot; face=&quot;times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;br /&gt;Retour au motel. Piscine. Int&#xe9;rieur nuit.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 13 Dec 2010 22:34:21 GMT</pubDate></item><item><title>68. Le dernier parc #1 - La Sal Mountain.</title><dc:creator>andremriviere</dc:creator><link>http://america.canalblog.com/archives/2010/12/12/19858372.html</link><category>5&#xe8;me partie - Retour au r&#xe9;el.</category><category>d&#xe9;part</category><category>fen&#xea;tres</category><category>majeur</category><category>programme</category><comments>http://america.canalblog.com/archives/2010/12/12/19858372.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://america.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/19858372/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://america.canalblog.com/archives/2010/12/12/19858372.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;5&quot; face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;font color=&quot;#006600&quot;&gt;1.&amp;nbsp; &amp;nbsp; La Sal Mountain.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;4&quot; face=&quot;times new roman, times, serif&quot;&gt;Le retour &#xe0; Moab dura plus longtemps que pr&#xe9;vu. Il &#xe9;tait difficile de suivre les caprices du chemin confondu avec la terre, dans la nuit. A droite le pr&#xe9;cipice, &#xe0; gauche le pr&#xe9;cipice, nous frisions le d&#xe9;sastre de Poitiers. Mais nous sommes l&#xe0;, et nulle crainte ne se justifierait. Arriv&#xe9; sur la route il nous a suffi de nous laisser descendre sans h&#xe2;te, retrouver des altitudes raisonnables au niveau de la rivi&#xe8;re. Nous avons repass&#xe9; le petit pont, tu sais bien, le pont &#xe0; l’air de mine de rien, et nous avons fini notre nuit au motel apr&#xe8;s un bon d&#xee;ner. Nous avons trouv&#xe9;, la deuxi&#xe8;me &#xe0; droite en remontant puis tout droit jusqu’au virage, un restaurant aussi plaisant qu’inattendu. Ce matin, nous &#xe9;tions dans la vall&#xe9;e des Dieux, c’&#xe9;tait il y a si longtemps d&#xe9;j&#xe0;.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;font size=&quot;4&quot; face=&quot;times new roman, times, serif&quot;&gt;Encore un, le dernier, encore un parc, il faut boucler le programme. Une journ&#xe9;e compl&#xe8;te t’attend &#xe0; Moab pour visiter le dernier clou, le parc national des Arches. Tu te souviens du pont arc-en-ciel, Rainbow Bridge, de ce p&#xe8;lerinage que tu lui as consenti, ou plut&#xf4;t que tu as consenti &#xe0; l’enfant que tu fus. Voici que des ponts, tu vas en d&#xe9;guster des dizaines, de toutes formes, de tous &#xe2;ges, des pont &#xe9;bauch&#xe9;s et des ponts effondr&#xe9;s, &#xe0; chaque d&#xe9;tour de route, &#xe0; chaque carrefour, et derri&#xe8;re chaque buisson. Ils se sont donn&#xe9;s rendez-vous dans le haut plateau de l’Est, le grand rendez-vous de la confr&#xe9;rie des ponts, seule secte g&#xe9;ologique au monde, de l’autre c&#xf4;t&#xe9; de la grande faille qui coupe la mesa en deux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chemin&#xe9;es des f&#xe9;es align&#xe9;es comme &#xe0; Manhattan les gratteurs de ciel, rochers empiles en &#xe9;quilibre instable et mill&#xe9;naire, avec l’in&#xe9;vitable photographie du badaud qui les retient de l’index jusqu’au jour o&#xf9; la pichenette le fera basculer et l’on ne trouvera que la plume de son chapeau ensanglant&#xe9;e. Toi aussi tu as fait aussi la photo pour avoir le sourire de ‘Ali&#xe9;nor, mais c’est le majeur que tu as tendu. Insulte min&#xe9;rale et petit plaisir g&#xe9;ologique.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;font size=&quot;4&quot; face=&quot;times new roman, times, serif&quot;&gt;Tu as aussi photographi&#xe9; le photographe photographiant son am&#xe9;ricaine au doigt boudin&#xe9;, peut-on &#xe0; ce point ricaner aux d&#xe9;pends d’une &#xe9;rosion qui ne t’as rien fait ?&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;font size=&quot;4&quot; face=&quot;times new roman, times, serif&quot;&gt;Toute la journ&#xe9;e, tu as tourn&#xe9; de vall&#xe9;e en vall&#xe9;e, tu as saut&#xe9; les cr&#xea;tes et les ruisseaux secs, entre le rouge rocher et le buisson gris, l’œil attentif &#xe0; La Sal Mountain l&#xe0;-bas au sud dont le signal te donne la route que tu prendras demain pour partir. C’est cela qui est si particulier ce jour l&#xe0;, ce dernier jour de parc : le signal du d&#xe9;part, impassible, en forme de montagne bien visible, qui vient comme un &#xe9;cho &#xe0; tes m&#xe9;lancolies de la veille. Mais tu fais le fier, et tu visites avec application, carte d&#xe9;taill&#xe9;e en main, tiens on va prendre ce d&#xe9;tour, tiens l&#xe0;-bas il y a une buvette, tiens tournons dans ce vallon, tiens on n’est pas d&#xe9;j&#xe0; pass&#xe9; par ici ? Il n’est pas question de laisser de c&#xf4;t&#xe9; la moindre curiosit&#xe9;, la moindre indication touristique, le plus petit crat&#xe8;re, la plus modeste fen&#xea;tre, oui ils les appellent ainsi, les trous dans les falaises qui deviendront des arches dans cent mille ans, des fen&#xea;tres.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;font size=&quot;4&quot; face=&quot;times new roman, times, serif&quot;&gt;A midi, l’air vif du matin est devenu irrespirable, m&#xea;me &#xe0; l’ombre. Tu as d&#xe9;j&#xe0; bu ton troisi&#xe8;me magnum. Difficile de trouver du repos mais tu trouves un petit somme &#xe0; caser dans un creux, agit&#xe9; mais somme. Que sont devenus les moins cinq degr&#xe9;s du Wyoming, &#xe0; peine un mois plus t&#xf4;t et&amp;nbsp; un peu plus au nord ?&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sun, 12 Dec 2010 22:58:00 GMT</pubDate></item><item><title>67.	Le cheval mort.</title><dc:creator>andremriviere</dc:creator><link>http://america.canalblog.com/archives/2010/12/09/19830379.html</link><category>5&#xe8;me partie - Retour au r&#xe9;el.</category><category>chromos</category><category>Graal</category><category>piscine</category><category>terminus</category><comments>http://america.canalblog.com/archives/2010/12/09/19830379.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://america.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/19830379/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://america.canalblog.com/archives/2010/12/09/19830379.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;times new roman, times, serif&quot; size=&quot;4&quot;&gt;Tu le sais bien, Moab n’a rien qui m&#xe9;rite le d&#xe9;tour. Voil&#xe0; pour la th&#xe9;orie. La piscine de l’h&#xf4;tel est assez chaude pour y tremper sans mal, assez fra&#xee;che pour n’en point sortir quand le soleil se d&#xe9;cha&#xee;ne. Ce n’est pourtant qu’une tache d’eau dans un oc&#xe9;an de b&#xe9;ton sans ombre pour sugg&#xe9;rer une sieste. Le cocotier est un poteau &#xe9;lectrique, le bar une machine automatique et pour t’aguicher elle ne dispose que de son bruit de compresseur. Personne &#xe0; l’horizon que le goudron qui fondoit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En pratique, le petit bain t’a ragaillardi, et tu n’as pas voulu laisser le soleil se coucher sans toi. Il y avait des histoires de confluence &#xe0; v&#xe9;rifier, Green River sur Canyonlands, il y avait l’autre c&#xf4;t&#xe9; o&#xf9; aller pour voir si nous &#xe9;tions bien en face. Green River. Ce torrent faisait des miracles &#xe0; ce qu’on t’en avait dit, creusant sa tombe plus s&#xfb;rement que le modeste Colorado du voisinage, et si tu ne te d&#xe9;p&#xea;ches pas tu ne vas rien voir de leur rencontre ni de l’&#xee;le dans le ciel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N’est-ce pas ce que tu as toujours cherch&#xe9; sans jamais t’en satisfaire, ces promontoires ouverts sur l’immensit&#xe9; de ton n&#xe9;ant ? N’est-ce pas ta propre mort que tu poursuis, que tu voudrais mettre au pied du mur, au d&#xe9;fi, atteindre ce moment o&#xf9; plus rien n’est possible au r&#xea;ve que de s’&#xe9;teindre ? Impasses. Ton Graal est un mur pisseux fermant une ruelle obscure, un passage interdit cern&#xe9; de barbel&#xe9;s et d’hommes en armes, un pont d’Avignon o&#xf9; il ne reste plus qu’&#xe0; danser sans espoir, le fin fond du diable Vauvert.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quel diablotin me pousse ainsi dans les voies sans issue ? Je suis terrien, terrestre, terre &#xe0; terre. Les pieds dans la glaise et rien d’autre, je ne sais ni voler ni nager ni gravir, je r&#xea;ve jour et nuit d’horizons lointains et de grands espaces o&#xf9; me perdre, o&#xf9; rouler sans fin, l’œil h&#xe9;b&#xe9;t&#xe9; sur la ligne immuable, et soir apr&#xe8;s soir j’observe ma journ&#xe9;e de silence et je ne vois rien de ce que pourtant les kilom&#xe8;tres et les heures t&#xe9;moignent de ce que j’ai vu. Je sais que ce voyage aboutira &#xe0; un point culminant, je sais qu’il n’y a rien au-del&#xe0;, que le bout du bout, Leuca en Italie, Tarifa en Espagne ou S&#xe3;o Vicente au Portugal, ne donne rien de plus que la mer, le continent d’en face ou l’oc&#xe9;an, et que le haut du sommet de la tour de la forteresse ne d&#xe9;couvre que la platitude du d&#xe9;sert des Tartares qu’un tremblement de terre suffira &#xe0; r&#xe9;duire en poussi&#xe8;re.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rien n’y fait ; je ne saurais m’arr&#xea;ter dans ma course folle avant d’avoir pos&#xe9; la main sur ces terminus et perdu mes yeux dans la brume m&#xe9;lancolique qui peu &#xe0; peu noie le poisson.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le grec aurait construit un bateau et serait parti avec Ulysse comme t&#xe9;moin, le tartare aurait pris son chameau et la t&#xea;te de la caravane. Je ne sais pas marcher sur la mer ni chevaucher les sables, je reste sur mon rocher et je les regarde se dissoudre dans leur mort, celle que je suis venu saluer, puis je tourne le dos et je rentre chez moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, de nouveau l’on entend ronronner le six cylindres, et te voil&#xe0; sur la route &#xe0; remonter la longue pente qui va te conduire au plateau, la table, la mesa o&#xf9; tu iras voir Dead Horse Point, puis o&#xf9; tu reprendras vite le chemin de plus en plus &#xe9;troit qui conduit au bout du bout, comme toujours. A la pointe du triangle, les deux rivi&#xe8;res t’enserrent, la verte &#xe0; droite encore ensoleill&#xe9;e de rouge, la color&#xe9;e &#xe0; gauche d&#xe9;sormais dans l’ombre. La strate haute repose sur d’autres strates en marches successives et la route se faufile parmi les rares buissons. Green River et Colorado River chacune s’entra&#xee;ne de son c&#xf4;t&#xe9; et tu vois bien leur comp&#xe9;tence &#xe9;gale &#xe0; ronger les gr&#xe8;s, les marnes et les calcaires, et dans le tr&#xe9;fonds encore lui, les cristallines primales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La strate se d&#xe9;sagr&#xe8;ge devenue trop &#xe9;troite et la route vaille que vaille se faufile &#xe0; moins que ce ne soit toi qui t’obstines. Le ciel en face s’agrandit, illumin&#xe9; de couchant, tandis que les couleurs vant&#xe9;es des magazines s’en donnent &#xe0; cœur joie d’&#xea;tre plus vraies que sur les chromos avant peu &#xe0; peu de se confondre en un m&#xe9;lange gris fum&#xe9; impalpable. Comme souvent dans ces moments de fin du monde, le temps semble prendre son temps et l’univers tourner au ralenti. Enfin la route forme une boucle et se referme sur elle-m&#xea;me.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L&#xe0;, tu assisteras, h&#xe9;b&#xe9;t&#xe9; de fatigue, &#xe0; la victoire recommenc&#xe9;e de l’ombre sur la lumi&#xe8;re, &#xe0; l’extinction des reflets dans l’eau lointaine des deux rivi&#xe8;res complices, &#xe0; la mont&#xe9;e de l’obscurit&#xe9; qui va transformer un panorama fabuleux en gouffre effrayant au fond duquel tu devineras deux ou trois lumignons errants, promeneurs surpris, rangers en surveillance, v&#xe9;hicule de garde, corbillard mutique. Inutile de vouloir escalader le mur de ton impasse. Ton demi-tour sera laborieux, tu n’auras m&#xea;me pas engrang&#xe9; de photographies et tu reviendras sur tes pas m&#xe9;dus&#xe9; de tant de beaut&#xe9; et chagrin&#xe9; de ne pas en &#xea;tre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il t’appartient d’&#xe9;teindre tes r&#xea;ves et de laisser la nuit noire lentement t’envelopper de froid. Tu sais que le voyage est fini. Presque fini. Tu vas gratter quelque bonus comme on dit, et tu les raconteras, il te reste encore trois jours, mais plus dure sera ta chute si tu insistes trop. C’est l&#xe0;, sur ce perchoir &#xe0; regarder le Colorado d&#xe9;vorer son affluent vert, que tu comprends ce qu’il te reste &#xe0; faire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A ta droite, voici le Cheval Mort de tout &#xe0; l’heure, tu devrais bien le voir, que le voyage s’ach&#xe8;ve.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 09 Dec 2010 15:54:39 GMT</pubDate></item><item><title>66. Moab.</title><dc:creator>andremriviere</dc:creator><link>http://america.canalblog.com/archives/2010/06/18/18353443.html</link><category>5&#xe8;me partie - Retour au r&#xe9;el.</category><category>carrefour</category><category>escale</category><category>Gave</category><category>puritain</category><comments>http://america.canalblog.com/archives/2010/06/18/18353443.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://america.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/18353443/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://america.canalblog.com/archives/2010/06/18/18353443.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;times new roman, times, serif&quot; size=&quot;4&quot;&gt;Je n’aime pas ce nom. Il sent le raide pionnier dans son chariot, collet mont&#xe9; et chapeau droit, et Madame enjuponn&#xe9;e dans la chaleur. Le protestantisme dans toute sa rigueur s’abat sur le d&#xe9;sert, qui n’en reviendra pas. Apr&#xe8;s les premi&#xe8;res bouff&#xe9;es rencontr&#xe9;es aux portes de la vall&#xe9;e des Dieux, je me voyais d&#xe9;j&#xe0; cern&#xe9; dans cette ville. Pourtant, j’en savais les habitants Moabites, et un puritain moabite est trop oxymore pour &#xea;tre tout &#xe0; fait mauvais. J’avais raison sur ce point, la v&#xe9;rit&#xe9; m’oblige &#xe0; &#xe9;crire que je n’y ai pas &#xe9;t&#xe9; pers&#xe9;cut&#xe9; et que cette ville, au demeurant sans int&#xe9;r&#xea;t particulier, est une excellente &#xe9;tape pour parcourir les derniers parcs du voyage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les villes ne naissent jamais par hasard, m&#xea;me en ces terres de conqu&#xea;tes injustes et brutales, o&#xf9; chacun se d&#xe9;clarait possesseur de ce qu’il n’avait pas sous le seul pr&#xe9;texte qu’il avait pos&#xe9; le pied dessus. M&#xea;me les villes nouvelles implant&#xe9;es par des politiciens m&#xe9;galos et construites par des architectes f&#xe9;briles ont un pass&#xe9;, une histoire, un pourquoi du comment. Il y a toujours une rencontre, une travers&#xe9;e, un concours, un croisement, un relai : une calanque devient vieux port, une &#xee;le devient pont, un croissant de lune se marie avec les graves, sept collines se r&#xe9;pondent. C’est le fond d’un estuaire, un plateau dominant, une rose des vents, une confluence honorable. Il faut toujours trouver le petit cristal d’o&#xf9; na&#xee;tra le grand conglom&#xe9;rat, la ville champignon, la m&#xe9;gapole tentaculaire. Sans le petit cristal, on ne comprend pas ce qu’on fait ici, visiteur ou visit&#xe9;, et qui aime sa ville le sait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autant Mari que New-York, Babylone que San Francisco, Naples la ville neuve que Villeneuve-sur-Lot, autant Rome que Paris, aucune ville ne na&#xee;t du hasard et ce n’est pas Moab qui me contredira.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu traverses la ville en arrivant par le sud, apr&#xe8;s une interminable descente entre les rochers, mais si tranquille que tu n’as pas remarqu&#xe9; que la route descendait, sauf cette curieuse impression de silence en roulant comme une conversation interrompue, combien, trente, quarante kilom&#xe8;tres ? Tu passes un pont sur une rivi&#xe8;re, puis quelques maisons, et te voici de nouveau entre les rochers sur la route qui monte, interminablement. Tu as pass&#xe9; la ville, il faut revenir. C’est petit, Moab, c’est simple, la grand-route et puis c’est tout. Quelques blocs de part et d’autre, quelques magasins, quelques h&#xf4;tels, si tu avais cherch&#xe9; le centre ville et ses rues entrelac&#xe9;es, tu te serais tromp&#xe9; de continent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu n’as pas remarqu&#xe9; le pont sur la rivi&#xe8;re, ou plut&#xf4;t ta vieille d&#xe9;froque d’europ&#xe9;en t’a emp&#xea;ch&#xe9; d’en noter l’&#xe9;tranget&#xe9;. Un pont sur une rivi&#xe8;re, n’importe quelle ville te l’offre, que ce soit grand fleuve ou petit ru, et souvent, dans une ville inconnue o&#xf9; d&#xe9;sesp&#xe9;r&#xe9;ment perdu tu cherchais ton chemin, le pont sur la rivi&#xe8;re t’a sauv&#xe9; la mise. Le centre n’en est jamais loin, avec ou sans m&#xe9;andre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais apr&#xe8;s des heures de soleil immobile sur des rochers br&#xfb;lants et des vall&#xe9;es s&#xe8;ches menant au grand n&#xe9;ant de nulle part, tu aurais pu t’inqui&#xe9;ter de traverser le Gave du Pau sur un petit pont comme chez nous, tu aurais pu voir comme il &#xe9;tait incongru ici au lieu de l’ignorer banal. Tu aurais d&#xfb; deviner qu’il s’agissait bien du Colorado lui-m&#xea;me, qui se tr&#xe9;moussait l&#xe0; sous le pont ordinaire et tu aurais compris que tu &#xe9;tais descendu jusqu’&#xe0; lui comme nagu&#xe8;re &#xe0; Lee’s Ferry, &#xe0; huit cent kilom&#xe8;tres en aval. Moab est n&#xe9;e l&#xe0;, au carrefour du Gave et du chemin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme toutes les villes, Moab s’&#xe9;tait pos&#xe9;e au bord de la longue piste qui venait du plateau et allait y remonter assez doucement pour que les chariots traversent sans mal. Comme toutes les villes, Moab attendait le voyageur dans sa dr&#xf4;le de bo&#xee;te &#xe0; roulette, et savait qu’il lui laisserait quelques traces de son passage, sonnantes et tr&#xe9;buchantes. Les villes sont toujours des affaires de voyageurs qui s’arr&#xea;tent, fatigu&#xe9;s et curieux. C’est pourquoi il leur faut des gu&#xe9;s, des ponts, des carrefours et des octrois, des calanques et des baies, des estuaires et des portes : une Porte d’Or, une Porte Dor&#xe9;e, une Sublime Porte, une Porte d’Enfer, et la Puerta Del Sol.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il &#xe9;tait temps. Quelques miles en aval, le Gave sera devenu la grande blessure continentale infranchissable ; Moab me plut, j’y fis escale, deux nuits.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 18 Jun 2010 21:40:00 GMT</pubDate></item><item><title>65. la pierre qui parle #3 - La voix.</title><dc:creator>andremriviere</dc:creator><link>http://america.canalblog.com/archives/2010/06/13/18274028.html</link><category>5&#xe8;me partie - Retour au r&#xe9;el.</category><category>haut-parleur</category><category>r&#xe9;plique</category><category>superstition</category><category>t&#xe9;moignages</category><comments>http://america.canalblog.com/archives/2010/06/13/18274028.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://america.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/18274028/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://america.canalblog.com/archives/2010/06/13/18274028.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot; size=&quot;5&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;font color=&quot;#006600&quot;&gt; 3. La voix. &lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&amp;nbsp; &lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;times new roman, times, serif&quot; size=&quot;4&quot;&gt;Et soudain le rocher te parle. Ce n’est pas un discours, encore moins une traduction des signes. Ce n’est pas un haut-parleur cach&#xe9; qui te d&#xe9;bite des chants folkloriques ni trucage ni vibration de l’air. Tu viens d’&#xea;tre aval&#xe9; par les traits de charbon de bois s’ils en sont, parce que deux mille ans de plein air nuit au charbon de bois, il s’agit d’une autre mine, et ils r&#xe9;sonnent comme autrefois ils raisonnaient dans la t&#xea;te du sorcier, du chamane, du griot, du gourou, qui les tra&#xe7;ait lentement avec son b&#xe2;ton &#xe0; salir les mains, peut-&#xea;tre en crachant au fur et &#xe0; mesure pour fixer le trait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce sont les ruminations du derviche que tu entends sans comprendre. On dirait qu’il est en col&#xe8;re. Tu es en col&#xe8;re et il a devin&#xe9; que tu le serais, tu es en col&#xe8;re et ce que tu entends n’est rien d’autre que ta col&#xe8;re, pourtant tu pourrais &#xe0; cet instant pr&#xe9;cis jurer et grommeler que le rocher grommelle et jure. Avec ces sorciers il faut s’attendre &#xe0; tout, m&#xea;me &#xe0; ce qu’ils te fassent croire &#xe0; l’invraisemblable, m&#xea;me &#xe0; ce qu’ils te pr&#xe9;cipitent dans la superstition. Ces signes venus du pass&#xe9; et qui se montrent au passant pr&#xe9;sent fascinent et ent&#xea;tent. Prends garde &#xe0; toi : sous pr&#xe9;texte de retrouver les vieilles valeurs ancestrales, les grandes sagesses des plaines et des montagnes, tu vas en oublier les fondements de la raison, la n&#xe9;cessaire impartialit&#xe9;, l’indispensable recul. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les c&#xe9;r&#xe9;monies de retrouvailles avec la terre-m&#xe8;re et autres billeves&#xe9;es, quand bien m&#xea;me elles ont pour objet de d&#xe9;fier les puissances financi&#xe8;res et les exploitations massives, ont un relent de superstition qui les rend aussi dangereuses que le mal qu’elles pr&#xe9;tendent conjurer. Alors prends garde &#xe0; cette corde tendue entre le pass&#xe9; et le pr&#xe9;sent, &#xe0; ces voies, &#xe0; cette voix, et observe les dessins charbonneux pour ce qu’ils sont, des t&#xe9;moignages de la vie qui fut et qui n’est plus, des souvenirs de gloires pass&#xe9;es qu’on peut, qu’on doit pr&#xe9;server, et rien d’autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je sais que tu as envie que cette corde existe : elle te permet de partir en un instant &#xe0; travers les &#xe2;ges, de laisser vaguer ton imagination entre deux eaux troubles sans craindre de te perdre, un coup sec et te voil&#xe0; de retour hic et nunc. Je sais que sans ces absences les interminables paysages de l’Ouest t’auraient endormi depuis longtemps, ils te l’avaient dit les raisonneurs de salon qu’on s’ennuyait ferme dans le d&#xe9;sert, et tu les as fait mentir. Ton secret est l&#xe0;, dans la corde, dans les voix secr&#xe8;tes, dans les r&#xea;ves d’enfant et dans les inventions de vieillard. Tu n’es pas dupe des magiciens, mais tu aimes bien les regarder dans les yeux, pour y deviner le trouble qu’y fait na&#xee;tre ton incr&#xe9;dulit&#xe9; farouche. Ils s’&#xe9;gosillent, et tu les entends de a &#xe0; z, ces sorciers qui n’ont pas su sauver leurs peuples.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je reviens p&#xe9;niblement &#xe0; la voiture. ‘Ali&#xe9;nor s’impatiente, que peux-tu faire ainsi des heures devant les dessins ? J’ai fait une photo de la dalle enti&#xe8;re, pour qu’un jour je m’applique &#xe0; les recopier sur une feuille au fond de mon r&#xe9;duit de Billancourt. Y trouver un rythme au moins, &#xe0; d&#xe9;faut de comprendre, je ne suis pas Champollion et je suppose que tout le monde sait ce que signifient ces dessins, il suffit de trouver la bonne adresse. Va-t-elle r&#xe9;sonner dans ma cave, la photo, comme le fait le rocher ici ? Bien s&#xfb;r que non, la photo est autre chose qu’une simple r&#xe9;plique, elle est aussi essentielle que l’original mais de son essence &#xe0; elle, non de celle qu’elle a utilis&#xe9; pour appara&#xee;tre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les dessins sur la photo sont mes dessins. Ils ont &#xe9;chapp&#xe9; aux noirs desseins des sorciers. Je n’ai rien vol&#xe9;, mais je vais devoir devenir chamane &#xe0; mon tour pour que la photo ait un sens et que d’autres qui la regarderont entrent en r&#xe9;sonance avec mon silence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les dessins de la photo sont taiseux.&lt;br /&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sun, 13 Jun 2010 21:25:00 GMT</pubDate></item><item><title>65. La pierre qui parle #2 - La voie.</title><dc:creator>andremriviere</dc:creator><link>http://america.canalblog.com/archives/2010/06/07/18179136.html</link><category>5&#xe8;me partie - Retour au r&#xe9;el.</category><category>pancarte</category><category>ru</category><category>sculpture</category><category>signes</category><comments>http://america.canalblog.com/archives/2010/06/07/18179136.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://america.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/18179136/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://america.canalblog.com/archives/2010/06/07/18179136.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;font face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot; color=&quot;#003300&quot; size=&quot;5&quot;&gt;2. La voie.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;times new roman, times, serif&quot; size=&quot;4&quot;&gt;La route serpente entre deux courtes falaises. Le fond du vallon est plat et l&#xe0; o&#xf9; l’eau est suppos&#xe9;e couler coule une bande verte d’herbe tendre et d’arbustes graciles. Elle est l&#xe0; l’eau, prot&#xe9;g&#xe9;e du soleil absolu par une fine &#xe9;paisseur de roche perm&#xe9;able. L’eau court en secret.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voil&#xe0; une bonne demi-heure que nous descendons. Nous avions rejoint la route du programme o&#xf9; l’on&amp;nbsp; nous avait dit qu’il y avait des rochers qui parlent, il suffisait d’ouvrir l’œil. Du plateau s’&#xe9;tait esquiss&#xe9; une marche d’escalier de part et d’autre, devenues murets, puis la bande verte &#xe9;tait apparue une fois le muret assez haut pour &#xea;tre infranchissable, dix m&#xe8;tres environ, deux miroirs nous encadrant, bien droits, &#xe9;cart&#xe9;s de trente &#xe0; cent m&#xe8;tres selon l’humeur, voil&#xe0; o&#xf9; j’en &#xe9;tais. La rivi&#xe8;re enfouie court &#xe0; sa perte, je sais que l&#xe0;-bas, le U rectangulaire deviendra canyon et s’unira dans un jaillissement de rochers chaotiques et se sculptures folles avec le Colorado. Au-del&#xe0; des rochers parleurs, c’est cette confluence que je veux voir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour le moment, l’œil aux aguets, ‘Ali&#xe9;nor cherche les sons annonc&#xe9;s &#xe0; chaque faille, &#xe0; chaque &#xe9;clat, &#xe0; chaque dalle. Une petite fl&#xe8;che nous met sur la voie, il ne sera pas dit que le touriste est n&#xe9;glig&#xe9;. Tu ne la vois pas, la fl&#xe8;che, si tu roules &#xe0; plus de vingt kilom&#xe8;tres &#xe0; l’heure. Plus &#xe9;tiquette que pancarte, elle est assez &#xe9;loquente pour nous conduire tout droit au spectacle cherch&#xe9;. A cet endroit, le vallon s’&#xe9;largit, la bande verte devient fourr&#xe9;, d&#xe9;dale, Venise sans eau, Knossos sans Ariane. Il ne faut pas &#xea;tre savant pour sentir dans cette crique un lieu de vie, un lieu d’avant le grand malheur indien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cinq si&#xe8;cles, ou dix, vingt, mille ? Je laisse discourir ceux qui savent, avec leur carbone et leurs appareils, en esp&#xe9;rant qu’ils parlent juste parce que je tiens &#xe0; apprendre. Mais ici nous sommes, tous les deux, et je pr&#xe9;f&#xe8;re aller &#xe0; l’aventure dans ce qui m’est inconnu, &#xe0; mon aventure, et ceux qui sont pass&#xe9;s il y a longtemps je pr&#xe9;f&#xe8;re les appeler indiens et les emplumer comme je veux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La dalle est couverte d’inscriptions. Des formes g&#xe9;om&#xe9;triques, parfois explicites, une silhouette humaine ou une tente, non je ne dirai pas wigwam pour faire le malin et je ne sais pas si le mot est opportun, des lignes bris&#xe9;es, des ronds, enfin, bien ordonn&#xe9;s.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je les regarde en suivant le sens de ma lecture puis en errant &#xe0; la recherche d’images semblables pour les compter, les relier, puis au hasard des hochements de t&#xea;te et des clignements des yeux, comme une mouche affol&#xe9;e dans la lanterne.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 07 Jun 2010 19:26:00 GMT</pubDate></item><item><title>65. La pierre qui parle #1 - Redescendre.</title><dc:creator>andremriviere</dc:creator><link>http://america.canalblog.com/archives/2010/06/01/18089046.html</link><category>5&#xe8;me partie - Retour au r&#xe9;el.</category><category>carrefour</category><category>demi-tour</category><category>pi&#xe8;ge</category><category>r&#xe9;serves</category><comments>http://america.canalblog.com/archives/2010/06/01/18089046.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://america.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/18089046/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://america.canalblog.com/archives/2010/06/01/18089046.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;font face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot; color=&quot;#006600&quot; size=&quot;5&quot;&gt;&lt;strong&gt;1. Redescendre.&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;times new roman, times, serif&quot; size=&quot;4&quot;&gt; N’oublie pas que tu n’es pas d’ici, que les heures sont compt&#xe9;es, les jours m&#xea;me, et que les r&#xe9;serves d’essence et de dollars ne valent gu&#xe8;re mieux. Tu ne verras plus le plateau du Sud, et si tu esp&#xe8;res encore pour la Grande Fissure, tu sais qu’il te faudra trouver quelque tricherie, quelque exp&#xe9;dient, pour un dernier acc&#xe8;s, juste un dernier, un petit dernier.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;times new roman, times, serif&quot; size=&quot;4&quot;&gt; La route se r&#xe9;tr&#xe9;cit et tu commences &#xe0; craindre le demi-tour. D&#xe9;j&#xe0; ‘Ali&#xe9;nor fronce un cil, tu n’as pas su lui expliquer ta bifurcation au feu, pour voir avais-tu dit, on va voir ce qu’on va voir, tu le sens venir celui-l&#xe0;. Sans compter que c’est d&#xe9;j&#xe0; trop &#xe9;troit pour une manœuvre, catxcat mais pas trop. Trente kilom&#xe8;tres en marche arri&#xe8;re, non merci. Tu insistes dans le pi&#xe8;ge.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;times new roman, times, serif&quot; size=&quot;4&quot;&gt; Tu insistes.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;times new roman, times, serif&quot; size=&quot;4&quot;&gt; L&#xe0;-bas tu as cru voir un reflet m&#xe9;tallique qui pourrait &#xea;tre une voiture en contrebas. Je tourne &#xe0; la prochaine &#xe0; droite, annonces-tu avec l’aplomb de celui qui est pass&#xe9; l&#xe0; des dizaines de fois depuis toujours. Le carrefour se fait attendre, le chemin est de plus en plus instable, deux voies juste &#xe0; la largeur des roues serpentent parmi les &#xe9;boulis, deux rails h&#xe9;sitants. Sans ces deux bandes, tu serais bien incapable d’avancer. Faut-il faire durer l’incertitude ? Le voici, le carrefour, je ne sais pas depuis quand tu l’attends, je ne vais pas m’&#xe9;terniser d’&#xe9;criture pour une fin que je connais d&#xe9;j&#xe0;, et tu tournes &#xe0; droite sans un mot de victoire, ce serait reconna&#xee;tre ton inqui&#xe9;tude. La route descend directement dans la plaine au Nord, dans la bonne direction, et trop heureux de l’aubaine, tu saisis la chance et tu abandonnes sans y penser tes envies de Sud panoramique, de promontoire Ouest, ni Finis-terre ni Cap Leuca.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;times new roman, times, serif&quot; size=&quot;4&quot;&gt; Tu n’as pas fini de te perdre en d&#xe9;tours, le soir est encore loin et les rochers ne t’ont pas encore parl&#xe9;.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 01 Jun 2010 21:29:58 GMT</pubDate></item><item><title>64. Les grands chemins.</title><dc:creator>andremriviere</dc:creator><link>http://america.canalblog.com/archives/2010/05/23/17985086.html</link><category>5&#xe8;me partie - Retour au r&#xe9;el.</category><category>camions</category><category>impasse</category><category>tricolore</category><category>&#xe9;boulis</category><comments>http://america.canalblog.com/archives/2010/05/23/17985086.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://america.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/17985086/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://america.canalblog.com/archives/2010/05/23/17985086.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;times new roman, times, serif&quot; size=&quot;4&quot;&gt; Les illusions du matin se dissipent, il suffit de quelques degr&#xe9;s de rotation de la terre. Le soleil monte, comme l’on dit imprudemment, confondant ce qu’on voit et ce qui est. Les g&#xe9;ants prennent leur forme rocheuse, un peu triste de nous voir partir, et je sais comme toi que ce n’est pas la pierre qui pleure la fin de la r&#xe9;cr&#xe9;ation mais moi seul. Inutile de se voiler la face, la grand’ route est d’un banal &#xe0; d&#xe9;rouler son ruban, elle coupe le chemin poussi&#xe9;reux de ses camions entrecrois&#xe9;s, et apr&#xe8;s avoir sagement respect&#xe9; le signal, un camion peut en cacher un autre, nous nous y lan&#xe7;ons pour reprendre notre marche fun&#xe8;bre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Vall&#xe9;e des dieux, adieu. J’ai fait de mon mieux. Je vous ai laiss&#xe9; vous &#xe9;battre au milieu des formes du d&#xe9;sert, dans la poussi&#xe8;re l&#xe9;g&#xe8;re et dans les rayons du soleil, mais il n’y a pas de Saint-Esprit pour sauver le monde, ni le mien ni le v&#xf4;tre, il n’y a point de nourriture c&#xe9;leste, Apollon peut aller se rhabiller, bel homme mais marbre p&#xe2;le, le terre-&#xe0;-terre revient au galop, il faut trouver dans les deux cents prochains kilom&#xe8;tres de quoi manger de quoi boire, au moins une fontaine au moins un resto. Sinon le plaisir des sens, au moins le besoin de la chair.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Tu ne sais pas encore compter en miles, mais tu as trouv&#xe9; table accueillante apr&#xe8;s cent-quatre-vingt-dix-huit bornes. Un hamburger, quelques colas et un petit somme plus tard, nous voici repartis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Juste en partant, un feu tricolore nous demande d’attendre un bon moment que personne ne soit pass&#xe9; dans le carrefour pour nous &#xe9;clairer de vert. Sans h&#xe9;siter, comme s’il en relevait de la n&#xe9;cessit&#xe9; la plus imm&#xe9;diate, comme si tout avait &#xe9;t&#xe9; pr&#xe9;m&#xe9;dit&#xe9; depuis longtemps et consign&#xe9; dans le grand livre des destins universels et immanents, je prends &#xe0; gauche au feu. Moab est en face, encore tr&#xe8;s loin, et il n’y a rien vers la gauche, pas m&#xea;me un paysage aguicheur, quelque diable tentateur. B&#xe2;bord toute. Face &#xe0; la montagne ; l’in&#xe9;vitable montagne qui surgit d&#xe8;s que tu t’&#xe9;cartes du grand chemin, de la route facile qui contourne les obstacles et suit les pistes de tous les temps. Va pour la montagne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Tu n’as pas affaire &#xe0; forte partie. Elle ressemble plus &#xe0; un terril qu’&#xe0; un plissement ; un entassement laiss&#xe9; l&#xe0; par les flux et les reflux, apr&#xe8;s que la mer a tout rogn&#xe9; de ce qui d&#xe9;passait laissant &#xe0; nu le plateau lorsqu’il a surgi entre les deux cordill&#xe8;res, aux grands chambardements d’apr&#xe8;s les dinosaures. Il lui faudra attendre encore longtemps le travail du vent et des eaux avant de devenir &#xe0; son tour vall&#xe9;e des dieux. Le catxcat monte lentement la petite route, d&#xe9;voilant peu &#xe0; peu les horizons lointains du Nord et de l’Ouest, ces horizons travers&#xe9;s par la Grande Fissure Sacr&#xe9;e. Les buissons d’&#xe9;pines sont devenus arbres familiers, sapins ou m&#xe9;l&#xe8;zes. Sapins ou m&#xe9;l&#xe8;zes ? Familiers en tout cas. Tu aurais aim&#xe9; que s’ouvre une br&#xe8;che vers le sud, pour &#xe9;largir l’angle du panorama, d&#xe9;couvrir, deux cents kilom&#xe8;tres en contrebas, les vall&#xe9;es o&#xf9; tu r&#xea;vas, la monumentale et la divine, et le pays des Navajos, mais tu sais qu’il n’en sera rien, il faut qu’ils aient disparus pour peupler tes nuits &#xe0; venir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; La route n’atteindra jamais la cr&#xea;te, leurs deux lignes font ce que font depuis Euclide toutes parall&#xe8;les dignes de ce nom. Tu aper&#xe7;ois le sommet du terril, &#xe0; l’Ouest, bien au-del&#xe0; de la disparition des m&#xe9;l&#xe8;zes, l&#xe0; o&#xf9; les &#xe9;boulis se d&#xe9;versent dans la grande crevasse. Non, n’insiste pas, ce bout l&#xe0; n’est pas pour toi, il&amp;nbsp; vaudrait mieux que tu cherches une route &#xe0; droite pour retrouver le chemin, ne vois-tu pas que la chauss&#xe9;e se d&#xe9;grade, se r&#xe9;tr&#xe9;cit, que toute cette aventure ne m&#xe8;ne nulle part. Promontoires, avanc&#xe9;es, p&#xe9;ninsules, il faut savoir rester &#xe0; jeun parfois, ne plus se poser o&#xf9; le regard se perd &#xe0; l’infini, l&#xe0; o&#xf9; il ne reste que l’impasse. Toute cime est une fin, toute vigie un terminal et Guernesey un cul-de-sac.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Tu renonces.&lt;br /&gt; .&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sun, 23 May 2010 19:46:36 GMT</pubDate></item><item><title>63. MONUMENT #3 - Le chemin des Dieux et ce qui s’en suivi.</title><dc:creator>andremriviere</dc:creator><link>http://america.canalblog.com/archives/2010/05/04/17790086.html</link><category>5&#xe8;me partie - Retour au r&#xe9;el.</category><category>Moab</category><category>paganisme</category><category>programme</category><category>tentation</category><comments>http://america.canalblog.com/archives/2010/05/04/17790086.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://america.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/17790086/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://america.canalblog.com/archives/2010/05/04/17790086.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#006600&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;font face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot; size=&quot;5&quot;&gt;3. Le chemin des Dieux et ce qui s’en suivi.&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;times new roman, times, serif&quot; size=&quot;4&quot;&gt;Je suis rest&#xe9; tr&#xe8;s gamin, rien que le mot de Moabite me fait rigoler. Les purs et durs bibliques me montreront du doigt, et les mormons ne seront pas les derniers. D&#xe9;j&#xe0; la veille je ne m’&#xe9;tais pas fait des amis d’eux, alors, une si d&#xe9;bile rigolade, tu penses. Petit con d’ado !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est pourtant ce que tu comptes &#xea;tre le soir m&#xea;me, Moabite, malgr&#xe9; l’excuse de la dur&#xe9;e d&#xe9;termin&#xe9;e, deux soir&#xe9;es tout au plus. Tu n’as encore rien r&#xe9;serv&#xe9; et il te faudra arriver assez t&#xf4;t. Tu ignores encore que le chemin des dieux ne se roule pas dans le sable en indiff&#xe9;rence kilom&#xe9;tr&#xe9;e, et qu’il te faudra du temps de contemplation. Tu ne sais pas encore qu’apr&#xe8;s les dieux et les d&#xe9;esses, vont te d&#xe9;tourner du droit chemin un massif volcanique, une gorge profonde, un chaos de rochers grav&#xe9;s, et quoi d’autre ? Comme s’il te fallait des tentations pour succomber.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu connais la r&#xe8;gle, l’ampleur du d&#xe9;sastre en distance en temps en carburant de chaque d&#xe9;tour, tu la connais par cœur, et en toute connaissance de cause tu vas te jeter dans tes p&#xe9;ch&#xe9;s mignons aujourd’hui. Que le voyage peu &#xe0; peu tire &#xe0; sa fin ne va pas r&#xe9;duire tes incorrigibles irresponsabilit&#xe9;s. Tu ne sais pas encore en mettant le contact pour &#xe9;brouer le six cylindres que ce programme impossible sera enti&#xe8;rement accompli ce soir, au m&#xe8;tre pr&#xe8;s, &#xe0; la seconde pr&#xe8;s, au litre pr&#xe8;s. Tu ne le sais pas car tu ne l’avais pas pr&#xe9;vu, ce programme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rouler sur le chemin des dieux qui serpente dans la vall&#xe9;e fossile semblait ne jamais finir. Chaque tour engloutit une merveille et la remplace par quelque autre qui va jouer un temps avec le soleil. J’avais invoqu&#xe9; Apollon dans ma grandiloquence amorale et les esprits chagrins au-del&#xe0; de l’emphase me reprochent d&#xe9;j&#xe0; cet occidentalisme envahissant. Ici, pays des Navajos, point besoin d’Apollon pour arr&#xea;ter le char solaire, les dieux du coin suffisent. Sans vergogne, je garde mon dieu grec ; je le connais mieux que ceux d’ici et je le pense en bonne compagnie. Je suis s&#xfb;r qu’ils ont des choses &#xe0; se dire, et qu’ils se trouveront des amis communs, des ennemis semblables. Il ne faut pas avoir peur de transporter nos dieux avec nous et de les montrer &#xe0; ceux qui nous re&#xe7;oivent : ils n’ont pas besoin d’&#xea;tre m&#xe9;nag&#xe9;s et doivent se frotter &#xe0; d’autres esprits, si nous voulons continuer &#xe0; croire en eux, c’est-&#xe0;-dire en nous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans l’Olympe des Navajos, il va se trouver quelque Aphrodite de bonne humeur et leurs descendants bient&#xf4;t peupleront un nouveau monde. Les paganismes ont ceci de terre &#xe0; terre qu’ils se comprennent entre eux sans traduction ni dogme, sans bain de sang. Que celui qui n’a jamais tent&#xe9; de traduire Hom&#xe8;re en Navajo me jette la premi&#xe8;re pierre, me lance la premi&#xe8;re fl&#xe8;che.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se plaisait dans ce lieu, mon beau m&#xe2;le mythologique, &#xe0; peine lev&#xe9; de sa nuit. Il prenait soin de m&#xe9;nager ses rayons pour que l’air reste encore frais, juillet n’en d&#xe9;plaise, et de les maintenir assez inclin&#xe9;s pour que dieux et d&#xe9;esses jouent avec selon que je roule vers le Nord-Est puis vers le Sud-Est, puisqu’il faut para&#xee;t-il des directions &#xe0; mes d&#xe9;tours.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 04 May 2010 21:13:00 GMT</pubDate></item><item><title>63. MONUMENTS #2 - La nuit des rois.</title><dc:creator>andremriviere</dc:creator><link>http://america.canalblog.com/archives/2010/05/02/17767072.html</link><category>5&#xe8;me partie - Retour au r&#xe9;el.</category><category>Apollon</category><category>boulettes</category><category>luxure</category><category>l&#xe8;ve-t&#xf4;t</category><comments>http://america.canalblog.com/archives/2010/05/02/17767072.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://america.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/17767072/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://america.canalblog.com/archives/2010/05/02/17767072.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot; size=&quot;5&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;font color=&quot;#003300&quot;&gt;2. La nuit des rois.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;times new roman, times, serif&quot; size=&quot;4&quot;&gt;Nous avons bien dormi dans la vall&#xe9;e des Dieux, comme des rois. Le vent tranquille chuintait dans la frisette, et la rumeur des buissons frottant leurs &#xe9;pines traversait les interstices et les rondins. Le grand lit conjugal avait oubli&#xe9; l’aust&#xe9;rit&#xe9; hostile des Th&#xe9;nardier et semblait nous promener en l&#xe9;vitant dans la foison du d&#xe9;sert obscur. Etaient-ce nos r&#xea;ves, nos d&#xe9;sirs, pour qu’ainsi craquent les planchers et les plafonds, pour qu’ainsi tanguent le sommier et son matelas ? Aux p&#xe9;ch&#xe9;s capitaux dont nous avions d&#xfb; sans le savoir nous rendre coupables aux yeux puritains de l’Utah, il fallait que nous ajoutassions la luxure et le subjonctif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette nuit sans toucher terre me permit d’&#xea;tre sur le pas de ma porte, sous l’auvent, la chambre donnait directement sur le d&#xe9;sert, frais et dispos pour contempler le lever du soleil, spectacle qu’il m’est peu donn&#xe9; de voir. L’habitude parisienne de l&#xe8;ve-tard, la n&#xe9;cessit&#xe9; de savoir chaque matin que le monde a recommenc&#xe9; de tourner avant de pouvoir me lever, font que je ne sais du lever de soleil que son in&#xe9;vitable quotidien et son retour &#xe9;ternel. Un Apollon rassurant, en quelque sorte. Les civilisations qui chaque nuit tremblaient que la survenance matinale ne se produise plus ne sont pas de mon ressort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rien de tel ce matin l&#xe0;, et je n’avais pas mal aux dents. Premier debout, je fus celui dont le monde a eu besoin pour repartir. C’est le sentiment qu’&#xe9;prouve celui qui veille quand tout dort, peu avant la fin de la nuit, c’est le sentiment que j’&#xe9;prouve chaque fois que le hasard m’a tenu &#xe9;veill&#xe9; au bon moment. Dormez, braves gens, je veille, je suis l&#xe0;, il ne peut rien vous arriver.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Etrange pens&#xe9;e qui me traverse, &#xe9;trange puissance d&#xe9;risoire, &#xe9;trange orgueil, que seule la raret&#xe9; des moments rend plausible. Les formes tourment&#xe9;es de la nuit se sont effac&#xe9;es dans la brume l&#xe9;g&#xe8;re, les monstres se sont fig&#xe9;s en rochers, plus &#xe9;tranges encore en sculptures diurnes qu’en nocturnes chim&#xe8;res. Des centaines de Monuments Valleys en r&#xe9;duction sont n&#xe9;es dans la lumi&#xe8;re nouvelle et se pr&#xe9;parent &#xe0; jouer avec Apollon. R&#xe9;duction, tu as dit r&#xe9;duction. Moi, j’ai dit r&#xe9;duction ? Ces monuments sont de gigantesques monolithes s’ils sont moins c&#xe9;l&#xe8;bres que leurs fr&#xe8;res voisins du Sud us&#xe9;s par le cin&#xe9;ma, ils sont des milliers dans la plaine, et vestiges comme leurs fr&#xe8;res du recul des falaises l&#xe0;-bas, loin dans le contrejour naissant, l&#xe0; o&#xf9; tu sais que te m&#xe8;ne ta route si, au lieu de r&#xea;vasser tu t’occupais du petit-d&#xe9;jeuner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les aust&#xe8;res qui ne rient pas t’ont tout laiss&#xe9; en &#xe9;vidence, les pains les œufs les saucisses et les boulettes, l’huile et la margarine, casseroles et po&#xea;le, et un m&#xe8;tre cube de caf&#xe9; chaud. Malgr&#xe9; leur t&#xea;te de mormons, ils t’avaient laiss&#xe9; les cl&#xe9;s du royaume et, bien avant l’aube, &#xe9;taient partis faire quelques emplettes &#xe0; la ville voisine, soit une journ&#xe9;e de route aller-retour. Seul devait rester l’hors d’&#xe2;ge malicieux mais tu ne l’as pas vu. Tu aurais pu continuer ta contemplation, ‘Ali&#xe9;nor s’&#xe9;tait occup&#xe9;e de tout et tu t’es assis devant le caf&#xe9; clairet et br&#xfb;lant, tu as mang&#xe9; tes boulettes grasses et tu as pu ainsi assister la naissance du jour et de l’ocre plan&#xe8;te.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Souvenons-nous en bien : sans toi ce jour l&#xe0;, il n’y aurait pas eu de premier juillet deux-mille-deux.&lt;br /&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sun, 02 May 2010 20:30:49 GMT</pubDate></item><item><title>63. MONUMENTS #1 - La r&#xe9;probation.</title><dc:creator>andremriviere</dc:creator><link>http://america.canalblog.com/archives/2010/03/11/17204662.html</link><category>5&#xe8;me partie - Retour au r&#xe9;el.</category><category>anc&#xea;tre</category><category>cigarillo</category><category>coupable</category><category>doggy-bag</category><comments>http://america.canalblog.com/archives/2010/03/11/17204662.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://america.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/17204662/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://america.canalblog.com/archives/2010/03/11/17204662.html</guid><description>&lt;meta http-equiv=&quot;Content-Type&quot; content=&quot;text/html; charset=utf-8&quot; /&gt;&lt;meta name=&quot;ProgId&quot; content=&quot;Word.Document&quot; /&gt;&lt;meta name=&quot;Generator&quot; content=&quot;Microsoft Word 12&quot; /&gt;&lt;meta name=&quot;Originator&quot; content=&quot;Microsoft Word 12&quot; /&gt;&lt;link rel=&quot;File-List&quot; href=&quot;file:///C:%5CUsers%5CMichel%5CAppData%5CLocal%5CTemp%5Cmsohtmlclip1%5C01%5Cclip_filelist.xml&quot; /&gt;&lt;link rel=&quot;themeData&quot; href=&quot;file:///C:%5CUsers%5CMichel%5CAppData%5CLocal%5CTemp%5Cmsohtmlclip1%5C01%5Cclip_themedata.thmx&quot; /&gt;&lt;link rel=&quot;colorSchemeMapping&quot; href=&quot;file:///C:%5CUsers%5CMichel%5CAppData%5CLocal%5CTemp%5Cmsohtmlclip1%5C01%5Cclip_colorschememapping.xml&quot; /&gt;&lt;style&gt;
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&lt;h2 align=&quot;center&quot; style=&quot;margin: 24pt 2.85pt 3pt 3cm; text-align: justify; text-indent: -2cm; page-break-after: avoid;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#006600&quot; size=&quot;5&quot;&gt;&lt;a name=&quot;_Toc255944068&quot;&gt;MONUMENTS.&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;h3 align=&quot;center&quot; style=&quot;margin: 12pt 2.85pt 3pt 5cm; text-align: justify; text-indent: -2cm; page-break-after: avoid;&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#006600&quot; size=&quot;5&quot;&gt;&lt;a name=&quot;_Toc255944069&quot;&gt;La r&#xe9;probation.&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;Texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;times new roman, times, serif&quot; size=&quot;4&quot;&gt;Nous sommes revenus &#xe0; la grand-route, avec juste ce reste de
jour qui nous permit de trouver la bonne piste, celle du droit chemin, celle de
l’est, celle qui se pr&#xe9;cipitait dans la nuit. L&#xe0;-bas &#xe9;tait le logis et le
d&#xee;ner. Une petite ampoule se dandinait au bout d’un fil, bien &#xe0; l’&#xe9;cart de la
piste. Mais dans la nuit compl&#xe8;te maintenant, on ne voyait qu’elle et trouver
le chemin qui y conduisait fut facile. Notre &#xe9;tape &#xe9;tait assur&#xe9;e, la chambre
nous attendait et le petit coin cuisine pour r&#xe9;chauffer nos provisions. Le
doggy-bag de midi n’allait pas faire long feu, nous savions que les tenanciers
ne tenaient pas &#xe0; nourrir.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;Texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;times new roman, times, serif&quot; size=&quot;4&quot;&gt;Malgr&#xe9; la temp&#xe9;rature r&#xe9;siduelle du soleil de la journ&#xe9;e qu’un
d&#xe9;but de vent nocturne ne r&#xe9;ussissait pas &#xe0; mod&#xe9;rer, l’accueil a &#xe9;t&#xe9; plut&#xf4;t
froid. Professionnel mais froid. Etranger ? Pire qu’&#xe9;trangers,
fran&#xe7;ais ? Retardataires, de surcro&#xee;t, et hirsutes ? On sent ces
choses l&#xe0;, ces je ne sais quoi de s&#xe9;v&#xe8;re qui nous accusent quand rien ne
transpire, ces sournoiseries de regards, ces r&#xe9;ticences mentales. Mais rien
n’est prouv&#xe9;, rien n’est explicite, et je pourrais m’accuser moi-m&#xea;me de mes
propres fautes s’il y en avait d’autres que ces suppositions anodines. Qui se
sent coupable l’est peut-&#xea;tre vraiment et l’ignore. Ainsi va l’esprit qui cesse
de lutter contre lui-m&#xea;me.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;Texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;times new roman, times, serif&quot; size=&quot;4&quot;&gt;Non, je sais faire les diff&#xe9;rences, et je me souviens bien que
nous n’avons pas &#xe9;t&#xe9; bien accueillis bien que personne n’ait d&#xe9;m&#xe9;rit&#xe9;, que la
chambre f&#xfb;t coquette, que le service f&#xfb;t suffisant, qui rien ne f&#xfb;t refus&#xe9;. Ces
regards silencieux et fixes, ce silence de quatre personnes dont aucune ne se
l&#xe8;ve &#xe0; notre arriv&#xe9;e, ces gestes parfaitement ad&#xe9;quats et compr&#xe9;hensibles
rempla&#xe7;ant toute parole, un dr&#xf4;le de r&#xe8;gne min&#xe9;ral dans le seul lieu habit&#xe9; &#xe0;
vingt kilom&#xe8;tres &#xe0; la ronde, au milieu d’un d&#xe9;sert infiniment plus bavard.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;Texte&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;times new roman, times, serif&quot; size=&quot;4&quot;&gt;Il n’y eut gu&#xe8;re que le petit vieux install&#xe9; &#xe0; l’&#xe9;cart dans son
rocking-chair digne de la Monument Valley qui, par un clin d’œil enjou&#xe9; et un
sourire en coin, me fit savoir son id&#xe9;e sur sa descendance condescendante et
que j’avais bien raison de penser ce que je pensais. D’ailleurs il ressemblait
un peu &#xe0; Pierre Dac. Alors, &#xe0; la grande joie de l’anc&#xea;tre, m’installant apr&#xe8;s
d&#xee;ner sur la v&#xe9;randa commune pour profiter du vent enfin devenu frais, j’ai
allum&#xe9; un cigarillo, dos tourn&#xe9; au quatuor, un Davidoff de Jama&#xef;que achet&#xe9; hors
taxe &#xe0; Roissy &#xe0; mon d&#xe9;part. J’ai seulement senti, comme une piq&#xfb;re de gu&#xea;pe &#xe0;
la nuque, la br&#xfb;lure de la r&#xe9;probation. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;times new roman, times, serif&quot; size=&quot;4&quot;&gt;&lt;o:p&gt;&amp;nbsp;&lt;/o:p&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
</description><pubDate>Thu, 11 Mar 2010 21:40:00 GMT</pubDate></item><item><title>62. MONUMENT #5 - Le baiser en chocolat.</title><dc:creator>andremriviere</dc:creator><link>http://america.canalblog.com/archives/2010/01/20/16595397.html</link><category>5&#xe8;me partie - Retour au r&#xe9;el.</category><category>chute</category><category>hypoth&#xe8;se</category><category>m&#xe9;andre</category><category>photo</category><comments>http://america.canalblog.com/archives/2010/01/20/16595397.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://america.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/16595397/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://america.canalblog.com/archives/2010/01/20/16595397.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot; size=&quot;5&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;font color=&quot;#009900&quot;&gt;5. Le baiser en chocolat.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;times new roman, times, serif&quot; size=&quot;4&quot;&gt;Plus tard, beaucoup plus tard, des ann&#xe9;es plus tard, je trouverai par hasard dans des revues, des publicit&#xe9;s, des expositions, la trace de ce lieu invraisemblable qui ne fut donc pas r&#xea;v&#xe9;, brouill&#xe9; par les r&#xe9;tines aveugl&#xe9;es de soleil couchant, ce point de presque non-retour o&#xf9; mon savoir g&#xe9;ographique s’est trouv&#xe9; pris au pi&#xe8;ge.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;times new roman, times, serif&quot; size=&quot;4&quot;&gt;Quelque photographie a&#xe9;rienne glan&#xe9;e au hasard des livres ouverts sur des &#xe9;tals, un peu floue dans sa reproduction maladroite et interdite.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;times new roman, times, serif&quot; size=&quot;4&quot;&gt;J’avais appris sagement ce qu’&#xe9;tait un m&#xe9;andre, et m&#xea;me un m&#xe9;andre encaiss&#xe9;. J’avais v&#xe9;rifi&#xe9; cet apprentissage scolaire en vacances, parcourant sur mon v&#xe9;lo infatigable les routes, toutes les routes, du P&#xe9;rigord, de cingle en cingle, de Limeuil &#xe0; Tr&#xe9;molat, de Sarlat &#xe0; Domme, de bastide fran&#xe7;aise &#xe0; bastide anglaise, de Mareuil &#xe0; Biron, de Duras &#xe0; Belv&#xe8;s, des amours de Marguerite &#xe0; ceux de Brant&#xf4;me, du sage Montaigne au fou de Tourtoirac.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;times new roman, times, serif&quot; size=&quot;4&quot;&gt;J’ai descendu la Seine ses tours et ses d&#xe9;tours pour mon m&#xe9;tier puis le M&#xe9;andre lui-m&#xea;me autant revenir &#xe0; la source tant qu’&#xe0; visiter, et ce que je voyais l&#xe0;, dans mon impasse, d&#xe9;passait l’entendement, la raison, le discernement g&#xe9;ologique et la tectonique des plaques.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;times new roman, times, serif&quot; size=&quot;4&quot;&gt;La chute de San Juan dans Colorado est dit-on un baiser en chocolat, pour celui qui fait semblant d’y croire. C’est en v&#xe9;rit&#xe9; un baiser de cobra. Tr&#xe8;s loin en amont de la langue d’eau qui se pr&#xe9;cipite dans le canyon en un tourbillon aggrav&#xe9; de photo-chope, sont les contorsions du serpent. Sous mes roues, quatre ou cinq-cents m&#xe8;tres en contrebas, se tortille la rivi&#xe8;re en m&#xe9;andres si serr&#xe9;s qu’on en voit cinq de la m&#xea;me plateforme, tous enserr&#xe9;s dans leurs falaises, une sorte de labyrinthe pour minotaure g&#xe9;ant. La large rivi&#xe8;re encaiss&#xe9;e de si haut semble un filet d’eau au fond de son travail d’&#xe9;rosion, laissant &#xe0; nu mais intacte toute la hauteur restante, on pourrait marcher sur les fines cr&#xea;tes, n&#xe9;gatif des d&#xe9;tours de l’eau. Le cobra est repli&#xe9; tout autour du petit belv&#xe9;d&#xe8;re qui me laisse juste assez de place pour me retourner, ‘Ali&#xe9;nor me supplie de ne pas m’approcher du vide, mais je ne puis faire mieux que de me laisser aspirer dans la fascination.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;times new roman, times, serif&quot; size=&quot;4&quot;&gt;Seul un œil de poisson peut tout saisir dans une seule image, et comme le soleil &#xe9;tait encore de la partie, les ombres venaient jouer avec les pentes en laissant ici et l&#xe0; des cr&#xea;tes lumineuses, des pointes &#xe9;clair&#xe9;es, des &#xe9;toiles de cailloux.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;times new roman, times, serif&quot; size=&quot;4&quot;&gt;Une petite heure est si vite pass&#xe9;e &#xe0; regarder le cobra dans les yeux. Je n’ai jamais vu la langue ni le chocolat, en supposant qu’ils existent ailleurs que dans mes propres labyrinthes, mais j’ai bien vu les muscles du venin se contracter longtemps &#xe0; l’avance.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;times new roman, times, serif&quot; size=&quot;4&quot;&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 20 Jan 2010 17:27:00 GMT</pubDate></item><item><title>62. MONUMENT #4 - Impair et impasse.</title><dc:creator>andremriviere</dc:creator><link>http://america.canalblog.com/archives/2009/12/21/16239164.html</link><category>5&#xe8;me partie - Retour au r&#xe9;el.</category><category>d&#xe9;tour</category><category>fissure</category><category>impasse</category><category>promontoire</category><comments>http://america.canalblog.com/archives/2009/12/21/16239164.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://america.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/16239164/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://america.canalblog.com/archives/2009/12/21/16239164.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot; size=&quot;5&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;font color=&quot;#006600&quot;&gt;4.&amp;nbsp; &amp;nbsp; Impair et impasse.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;times new roman, times, serif&quot; size=&quot;4&quot;&gt;Les d&#xe9;tours, les contours, les retours et le rebours se comptent en dizaine de miles, en heures de route, en journ&#xe9;es de cheval, en lunes de marche. Le temps de t’apercevoir de l’anomalie et tu as perdu une semaine. Ne me regarde pas de cet air ahuri, je sais bien que tu n’as perdu que trois heures et qu’elles valaient la chandelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Soleil plein la vue, tu t’es obstin&#xe9;, ton instinct, ton r&#xea;ve de bouts et de promontoires, ton d&#xe9;sir d’impasses. La grande fissure du plateau n’en avait pas fini avec toi, et tu le lui rendais bien, vos intimit&#xe9;s n’&#xe9;taient pas encore fatigu&#xe9;es l’une de l’autre, alors tu devais encore lui rendre visite. Tu ne croyais pas le savoir en t’obstinant contre l’avis de ta passag&#xe8;re, mais tu le savais bien vieux filou, tu voulais en avoir le cœur net de ton affaire de cœur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Colorado ne te suffisait pas, il te fallait San Juan pour toi seul. Tu t’imagines que les deux s’unissent quelque part dans une cascade de baisers en chocolat parce que tu as d&#xe9;cid&#xe9; qu’il en &#xe9;tait ainsi alors que pas du tout probablement, l&#xe0;-bas encore plus loin vers le soleil, mais ce ne sont pas les deux rivi&#xe8;res ensemble qui t’attirent, c’est l’une et puis l’autre. San Juan &#xe9;tait un mot perdu sur la carte et tu la veux en fil d’eau, nue dans sa roche. Ce d&#xe9;tour est le seul moyen d’y parvenir, et tu t’es perdu au m&#xe9;pris de la boussole, de ta logique g&#xe9;ographique, de ton orientation l&#xe9;gendaire, ta science du paysage, et tu t’es obstin&#xe9; dans ton erreur une heure et plus en contre-jour. Puis tu as reconnu l&apos;impair, bien oblig&#xe9; il restait juste assez d’&#xe9;largissement pour faire demi-tour au fond de l’impasse, et tu es revenu sur tes traces encore une heure perdue mais sans contre jour, face au ciel noir de la nuit qui s’abat. Tu roulais plus vite. Sans contre jour et sans curiosit&#xe9;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parce que la curiosit&#xe9; avait &#xe9;t&#xe9; satisfaite au-del&#xe0; de tes esp&#xe9;rances. Parce qu’une heure aller et une heure retour ne font pas trois heures et que tu as pass&#xe9; l’heure manquante &#xe0; r&#xe9;cup&#xe9;rer ton souffle. Parce qu’au bout de l’impasse o&#xf9; tu t’&#xe9;tais fourr&#xe9; t’attendait tout bonnement une merveille du monde que tu n’attendais pas.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 21 Dec 2009 22:15:00 GMT</pubDate></item><item><title>Apart&#xe9;.</title><dc:creator>andremriviere</dc:creator><link>http://america.canalblog.com/archives/2009/12/19/16204416.html</link><category>pri&#xe8;re</category><comments>http://america.canalblog.com/archives/2009/12/19/16204416.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://america.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/16204416/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://america.canalblog.com/archives/2009/12/19/16204416.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/73/62/55527/47626177.jpg&quot;&gt;&lt;img border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/73/62/55527/47626177_p.jpg&quot; alt=&quot;SanJuan&quot; style=&quot;margin: 0px 5px 5px 0px; float: left; width: 308px; height: 430px;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Edition du 20 d&#xe9;cembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne suis pas s&#xfb;r d&apos;avoir eu une bonne id&#xe9;e en posant cette photo a&#xe9;rienne pour illustrer mon propos. Maintenant je l&apos;ai fait et je laisse. Mais fallait-il illustrer, franchement?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&apos;est-ce-pas d&#xe9;truire l&apos;id&#xe9;e m&#xea;me de ce r&#xe9;cit? Aucun cobra n&apos;est visible dans cette image, aucune langue de chat, aucun chocolat, alors &#xe0; quoi bon? Le cerveau n&apos;est-il pas assez grand pour contenir tout ce qu&apos;il a envie de contenir, sans lui tenir la mati&#xe8;re grise par la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore heureux, j&apos;ai un peu flout&#xe9;, et la photo n&apos;est pas de moi, la photo n&apos;est pas ce que je vis, n&apos;est pas ce que je v&#xe9;cus, n&apos;est pas ce que je vainquis. Il en est qui arrivent &#xe0; y lire des panneaux et j&apos;en suis consol&#xe9;, le cerveau a repris sa libert&#xe9;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et que personne ne s&apos;imagine que la fa&#xe7;on dont je crois que cette rivi&#xe8;re sans andrem mais serpentine &#xe0; coup s&#xfb;r va se jeter dans la fleuve comme je pr&#xe9;tendrai qu&apos;elle s&apos;y jette, j&apos;invente ce que je ne vois pas, et il se pourrait que j&apos;invente aussi ce que j&apos;ai vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Va savoir, et sinon, va voir.&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 19 Dec 2009 00:06:00 GMT</pubDate></item><item><title>62. MONUMENT #3 - Un chapeau mexicain.</title><dc:creator>andremriviere</dc:creator><link>http://america.canalblog.com/archives/2009/12/07/16065816.html</link><category>5&#xe8;me partie - Retour au r&#xe9;el.</category><category>cardinaux</category><category>chapeau</category><category>Eden</category><category>piste</category><comments>http://america.canalblog.com/archives/2009/12/07/16065816.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://america.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/16065816/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://america.canalblog.com/archives/2009/12/07/16065816.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot; size=&quot;5&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;font color=&quot;#006600&quot;&gt;3.&amp;nbsp; &amp;nbsp; Un chapeau mexicain.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;times new roman, times, serif&quot; size=&quot;4&quot;&gt;Suis-je vraiment oblig&#xe9; ? Dois-je vous faire subir la punition de voir le r&#xea;ve &#xe9;clater sous la lapidation des mots descriptifs ? Lumi&#xe8;re verticale, couleurs chatoyantes, chaleur rayonnante, piste balis&#xe9;e et chemin interdit, o&#xf9; se croisent catxcat et cavaliers, car il y a aussi un parcours pour cavaliers, ceux qui s’y croient d’ailleurs ils sont d&#xe9;guis&#xe9;s mais est-ce un d&#xe9;guisement ? Les touristes &#xe0; cheval vont plus loin dans les recoins que les catxcat et c’est heureux, dans l’ombre plus chaude des falaises et de leurs t&#xe9;moins fig&#xe9;s.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n’&#xe9;crirai rien. Je te laisse r&#xea;vasser en Technicolor, mon fujichrome n’est pas &#xe0; la hauteur ; je quitterai la vall&#xe9;e longtemps avant le coucher du soleil pour &#xe9;viter le clich&#xe9;, pour laisser le soin de graver leur silhouette &#xe0; tous les pauvres cowboys solitaires de la terre. Je suis d&#xe9;j&#xe0; &#xe0; Mexican Hat, moi aussi je suis loin de mon foyer et j’ai un logement &#xe0; trouver plus au Nord.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai m&#xea;me eu le temps de faire ma petite halte en haut de la ligne droite, juste apr&#xe8;s le virage, pour le contre-champ en contre-jour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mexican Hat, petite bourgade de d&#xe9;sert, avec supermarch&#xe9;, &#xe9;glise, bar. Une seule rue pour tout plan de ville, la grand route o&#xf9; passe toute la circulation de la r&#xe9;gion, et sur la colline voisine un curieux rocher form&#xe9; d’un petit caillou vertical supportant en &#xe9;quilibre un grand caillou horizontal arrondi et renfl&#xe9; en son milieu, une &#xe9;trange chemin&#xe9;e de f&#xe9;e courte sur patte, on dirait un chapeau mexicain, on dirait une sieste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Personne ne conna&#xee;t Mexican Hat et pourtant tout le monde y passe. Que tu viennes du Sud du Nord, que tu partes vers l’Est racine vers l’Ouest le vrai, tu passes par Mexican Hat et la t&#xea;te remplie de ce que tu vas voir ou de ce que tu as vu, tu ne vois pas Mexican Hat et son rocher haut de forme. Je suis pass&#xe9; par Mexican Hat et je ne me souviens de rien. Nous &#xe9;tions pr&#xe9;occup&#xe9;s de trouver la vieille piste poussi&#xe9;reuse un peu plus au Nord qui devait nous offrir Monts et Merveilles le lendemain et surtout g&#xee;te et couvert le soir m&#xea;me. Piste secr&#xe8;te, non balis&#xe9;e, oubli&#xe9;e des rubans d’asphaltes rectilignes et triomphants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Non, je n&apos;&#xe9;crirai rien. Faut-il dire qu’en cherchant la vieille piste tu as commis une s&#xe9;rie d’erreurs d’orientation &#xe0; d&#xe9;truire ta r&#xe9;putation de navigateur infaillible, au lieu m&#xea;me du monde o&#xf9; il est impossible de confondre ouest et est, o&#xf9; perdre le nord une folie dure, ciel sans nuage toute l’ann&#xe9;e et routes perpendiculaires plus explicites que dix boussoles entrelac&#xe9;es ? Venant du Sud, pour partir &#xe0; l’Est, tu tournes &#xe0; droite un point c’est tout. Il n’y a qu’un seul carrefour &#xe0; cinq kilom&#xe8;tre de la ville, le suivant est cent kilom&#xe8;tres plus loin, c’est simple. Tu as tourn&#xe9; &#xe0; gauche, car la piste sur la gauche surgissait un peu avant la piste sur la droite, sans plus r&#xe9;fl&#xe9;chir qu’un catxcat sans chauffeur. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D&#xe9;cid&#xe9;ment, tu ne veux pas de l’Est d’Eden.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Te voici face au soleil d&#xe9;clinant, il faut bien qu’il d&#xe9;cline asteure, solstice ou &#xe9;quinoxe il est toujours un moment de d&#xe9;clinaison. Tu comprends ton erreur, mais c’est plus fort que toi, tu veux aller au bout de ton rouleau, ta pellicule, ton c&#xf4;t&#xe9; tournesol encore un peu plus &#xe0; l’ouest, les yeux dans les yeux du soleil. Tu refuses d’entendre la raison qui te rappelle que dans ces lieux un d&#xe9;tour ne signifie pas trois minutes de soleil en moins, mais trois heures ou trois jours. Tu veux voir le bout. Tu as vu un panneau o&#xf9; c’est &#xe9;crit l&#xe0;-bas le bout. Alors tu y vas c’est tout.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;...&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 07 Dec 2009 17:37:00 GMT</pubDate></item><item><title>62. MONUMENT #2 - La ligne droite.</title><dc:creator>andremriviere</dc:creator><link>http://america.canalblog.com/archives/2009/12/04/16032645.html</link><category>5&#xe8;me partie - Retour au r&#xe9;el.</category><category>crues</category><category>Monument</category><category>vents</category><category>&#xe9;rosion</category><comments>http://america.canalblog.com/archives/2009/12/04/16032645.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://america.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/16032645/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://america.canalblog.com/archives/2009/12/04/16032645.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot; size=&quot;5&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;font color=&quot;#006600&quot;&gt;2.&amp;nbsp; &amp;nbsp; La ligne droite.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;times new roman, times, serif&quot; size=&quot;4&quot;&gt;S’engager sur la chauss&#xe9;e &#xe0; deux voies que tout le monde a vue. Long trait de scie coupant les logiques g&#xe9;ologiques, la grande d&#xe9;pression entre deux cols, entre deux bouts du monde, celui o&#xf9; j’ai gar&#xe9; la voiture pour prendre un grand morceau de respiration, et celui l&#xe0; bas avec le virage &#xe0; droite que je vois d’ici et le trou dans la barre rocheuse o&#xf9; je sais que je vais m’arr&#xea;ter pour souffler, regarder &#xe0; l’envers, dans trois heures ou six heures ou neuf heures. Tout le monde l’a vu en photo, le virage &#xe0; droite en haut de la droite mont&#xe9;e qui suit la descente droite que je domine post&#xe9; en haut du talus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Trente kilom&#xe8;tres de longueur les plus photographi&#xe9;s au monde pour d&#xe9;couper une vall&#xe9;e, un synclinal paisible et nu, attendant le fleuve charmant qui le r&#xe9;veillera en lui rongeant les sangs. Grandes eaux rarissimes ; les a&#xef;eux des plus vieux sages de la plus ancienne tribu Navajo du plateau ne les ont jamais vues, mais ils auraient dit que leurs propres a&#xef;eux leur auraient dit quand ils &#xe9;taient tr&#xe8;s jeunes qu’une fois il y a tr&#xe8;s longtemps leurs arri&#xe8;res-grands-p&#xe8;res avaient assist&#xe9;s de ce m&#xea;me talus au d&#xe9;ferlement d’une immense mer rouge venue de par ici et allant par l&#xe0;-bas, arrachant les montagnes, d&#xe9;pe&#xe7;ant les pitons, d&#xe9;nudant les grands fonds, le lendemain m&#xea;me de cette nuit furieuse o&#xf9; le grand esprit avant tant tonn&#xe9; derri&#xe8;re l’horizon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis, les hommes et les rochers survivants attendaient la r&#xe9;plique et les touristes. Car le grand fleuve &#xe9;tait sculpteur, b&#xe2;tisseur, inventeur. Voil&#xe0; ce que racontait le vieux le plus vieux de Kayenta mais il n’avait pas toute sa t&#xea;te, un fleuve de 30 km de large pendant neuf jours et neuf nuits ! Puis plus rien depuis des lunes et des lunes, que la lune elle-m&#xea;me s’use &#xe0; attendre. Le flot avait cess&#xe9; aussi vite qu’il &#xe9;tait venu laissant derri&#xe8;re lui la d&#xe9;solation d’un paysage de g&#xe9;ant bon pour un si&#xe8;cle de cin&#xe9;mascope.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne restait rien des campements, du cri des enfants, des femmes souriantes, plus rien qu’un silence de vautour et une chaleur de plomb, lui seul vivait encore avec le souvenir de ce que ses a&#xef;eux lui avaient racont&#xe9; de ce dont ils se souvenaient de leur propres arri&#xe8;res-grands-p&#xe8;res. Seuls se dressaient les monolithes sacr&#xe9;s, indestructibles, grandis dans l’&#xe9;preuve les petits tas d’&#xe9;boulis autour avaient &#xe9;t&#xe9; nettoy&#xe9;s, preuve s’il en fallait que les esprits les habitaient. Il n’y avait que ce rocher l&#xe0;-bas qui avait perdu un morceau, dressant soudain un pouce vers le ciel impassible, pouce vengeur et moqueur mais bien &#xe9;lev&#xe9; n’&#xe9;tant pas majeur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout au fond de la d&#xe9;pression, la route la plus photographi&#xe9;e du monde laisse &#xe9;chapper sur la droite un triste chemin qui nous conduit en quelques nuages de poussi&#xe8;re vers ce qui restait encore invisible de tout ce monde, l’immense vall&#xe9;e monumentale : Deux-cents petits m&#xe8;tres de d&#xe9;nivel&#xe9;e pour trente kilom&#xe8;tres, et les voici, les monolithes sacr&#xe9;s t&#xe9;moins des cataclysmes anciens, pos&#xe9;s ici et l&#xe0; par un d&#xe9;corateur fou et g&#xe9;nial, juste &#xe0; leur place, tu en d&#xe9;cales un de trois centim&#xe8;tres et l’&#xe9;quilibre est rompu. John Ford n’a plus qu’&#xe0; faire ses chefs-d’œuvre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis-je d&#xe9;crire autrement Monument Valley ?&lt;br /&gt;...&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 04 Dec 2009 16:50:59 GMT</pubDate></item><item><title>62. MONUMENT #1 - Kayenta Blues.</title><dc:creator>andremriviere</dc:creator><link>http://america.canalblog.com/archives/2009/11/30/15986818.html</link><category>5&#xe8;me partie - Retour au r&#xe9;el.</category><category>Mobil Home</category><category>poussi&#xe8;re</category><category>rythme</category><category>trombone</category><comments>http://america.canalblog.com/archives/2009/11/30/15986818.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://america.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/15986818/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://america.canalblog.com/archives/2009/11/30/15986818.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;georgia, times new roman, times, serif&quot; size=&quot;5&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;font color=&quot;#006600&quot;&gt;1. Kayenta blues.&lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;times new roman, times, serif&quot; size=&quot;4&quot;&gt;Peu &#xe0; peu nous retrouvons le rythme. Ce ne sont pas les boggies sur les raccords, ni les joints de chauss&#xe9;e ; rien ne claque comme un m&#xe9;tronome &#xe0; en donner le blues, imposant une cadence. Le ruban d’asphalte est lisse, le moteur ronronne ses deux mille huit cent tours par minute, le souffle de la climatisation est l&#xe9;ger, un bruissement uniforme sort de ce m&#xe9;lange de continuit&#xe9;s comme Gainsbourg chantant le trombone, et pourtant un rythme s’en &#xe9;chappe, un rythme cach&#xe9;, un rythme int&#xe9;rieur qui dans la torpeur lumineuse et monotone donne au voyage&amp;nbsp; ce balancement indispensable qui nous le fait aimer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les lieux communs nous sont communs &#xe0; tous deux dans le silence entre nous, plus solide et plus uni qu’un bavardage qui nous emp&#xea;cherait de sentir l’odeur du monde. C’est pourquoi l’asphalte est ruban, c’est pourquoi le V6 ronronne. Route sinueuse ou rectiligne, paysage plat ou chahut&#xe9;, chaleur immobile ou ciels changeants, tout voyage est balancement, tout balancement est voyage. Voyage, balancement, musique, nous sommes dans un monde &#xe0; une seule dimension, celle du temps, et les belv&#xe9;d&#xe8;res, les carrefours, les silences et les arr&#xea;ts, les cahots et les solos, les &#xe9;chos et les photos, ne sont que moments perdus et respirations n&#xe9;cessaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette matin&#xe9;e nous conduisit &#xe0; Kayenta, pour y faire le plein et manger un morceau. Kayenta. Un dieu d’ici ou de l&#xe0;, fatigu&#xe9; de cr&#xe9;er, a jet&#xe9; dans le d&#xe9;sert une grande palette de mobil-homes en fran&#xe7;ais dans le texte ; ainsi de son insu dieu cr&#xe9;a Kayenta. Mais il avait pens&#xe9; &#xe0; nous et nous avait offert sa station-service et le bar attenant. Un litre de caf&#xe9; plus tard, nous avons pass&#xe9; une petite heure &#xe0; tourner dans cet endroit dans l’espoir de trouver une maison, une b&#xe2;tisse, une vieille pierre, enfin quelque chose qui ressembl&#xe2;t &#xe0; ce que je croyais &#xea;tre un d&#xe9;but d’urbanit&#xe9;, et nous n’avons rien trouv&#xe9; que la poussi&#xe8;re qui poudroie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je veux qu’un jour quelqu’un &#xe9;crive un roman qui se passe enti&#xe8;rement &#xe0; Kayenta, ce serait un romancier am&#xe9;ricain comme seuls savent &#xea;tre les am&#xe9;ricains romanciers, une histoire tr&#xe8;s noire de famille maudite avec des secrets lourds et des jeunes filles na&#xef;ves et perverses, de l’argent cach&#xe9; et des complots sordides, sous le soleil accablant, dans le silence des heures de pointe. On peut m&#xea;me en faire un film, les d&#xe9;cors naturels sont &#xe0; port&#xe9;e de main.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 30 Nov 2009 20:13:00 GMT</pubDate></item><item><title>61. Les anges gardiens.</title><dc:creator>andremriviere</dc:creator><link>http://america.canalblog.com/archives/2009/11/13/15790790.html</link><category>5&#xe8;me partie - Retour au r&#xe9;el.</category><category>arc-en-ciel</category><category>falaise</category><category>gardiens</category><category>Navajos</category><comments>http://america.canalblog.com/archives/2009/11/13/15790790.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://america.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/15790790/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://america.canalblog.com/archives/2009/11/13/15790790.html</guid><description>
&lt;br /&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;times new roman, times, serif&quot; size=&quot;4&quot;&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;Nous roulons au milieu des cailloux. A b&#xe2;bord, un champ de
pierres et de vagues ondulations, les collines l&#xe0;-bas tremblent de chaleur et
de poussi&#xe8;re, &#xe0; tribord une barre rocheuse comme une vieille falaise &#xe9;gar&#xe9;e
mais ne sommes-nous pas un vaisseau fant&#xf4;me ? Rien n’est inhumain, cette
falaise qui s’avance en promontoires contourn&#xe9;s par le navigateur et qui recule
en criques ombrag&#xe9;es, marche d’escalier &#xe9;rod&#xe9;e par d’anciens ruisseaux qui &#xe0;
chaque orage centenaire tentent de rattraper le temps perdu en s&#xe9;cheresses, des
d&#xe9;cennies d’attente, flots destructeurs qui poussent de nouveaux rochers au
bord de la route, au-del&#xe0; de la route parfois &#xe0; en devenir sentinelles t&#xe9;moins
de ces soirs de temp&#xea;te, cette falaise n’est haute que de quinze &#xe0; vingt
m&#xe8;tres, une rigolade pour un dieppois, une plaisanterie pour un canaillou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;Elle semble immortelle. Cent kilom&#xe8;tres plus loin elle est
toujours l&#xe0; &#xe0; se tortiller le long de la route, marche d’escalier n&#xe9;e d’un
lointain affaissement. Parfois, &#xe0; b&#xe2;bord, une statue nous observe. C’est un reste
que la falaise a laiss&#xe9; pour nous dire j’&#xe9;tais ici avant vous, la falaise est
bavarde &#xe0; ce qu’on m’a dit. Voici un carrefour. Une piste s’enfonce dans la
poussi&#xe8;re vers les collines ondulantes, c’est le chemin des Navajos. L&#xe0;-bas il
y a probablement des mobil-homes en fran&#xe7;ais dans le texte, un drugstore, un
m&#xe9;canicien. L&#xe0; survivent les peuples qui attendent la bonne heure, qui la
pr&#xe9;parent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;Ils sont gardiens de l’arc-en-ciel. Ils veillent au grain, et s’ils
attendent l’heure ils n’attendent personne. Ils n’ont pas la moindre envie de
me voir fouler le sol st&#xe9;rile autour du dernier souvenir sacr&#xe9; qu’ils prot&#xe8;gent
et m&#xea;me si mon livre &#xe0; tout savoir me promet des visions grandioses avec assez
d’&#xe9;toiles pour valoir un d&#xe9;tour, je garderai le cap de la fid&#xe8;le falaise.
L’arc-en-ciel se regarde toujours d’en bas, coupant la gorge et tordant le cou,
la nuque douloureuse et les yeux dans le soleil. Je ne d&#xe9;rangerai pas les
gardiens du temple.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 13 Nov 2009 22:56:26 GMT</pubDate></item></channel></rss>
