2°) Marco Polo.

A rebours de l’histoire du monde, à rebours des grands mythes fondateurs, qui ont conduit les tribus du sous-continent à poursuivre le soleil dans sa course, passer l’Indus, les déserts aryens, le pays de Zoroastre, le monde d’entre les fleuves, cette grande migration préhistorique qui aboutit à l’Histoire, et qui depuis cinq siècles a franchi notre Océan croyant renaître, pas l’Océan de là-bas mais le nôtre prosaïque et Hugolien, c’est si court cinq siècles, à rebours de tous sauf Marco Polo le vénitien magnifique, j’ai entrepris d’aller à la rencontre du soleil, remonter le temps, retrouver l’origine, la mienne à moi. J’ai tordu le cou au pendule du bon professeur et je suis parti à l’Est.

Je le savais et je l’ai déjà écrit. Mais je ne comprenais rien en écrivant. Je ne l’ai compris qu’à ce passage de col sec comme une trique, quand la pente s’est inversée et que la voiture n’eut besoin de son moteur que pour freiner. Devant moi poudroient les déserts qu’il me reste à affronter.

Le retour à la source réclame un peu de soif.

FIN.