6     J’ai désormais quartier libre pour les caractères, en veux-tu en voilà, il suffit de taper. En vous promettant de raconter, je ne savais pas dans quel gouffre je me jetais. Mais je ne peux plus m’arrêter maintenant, si vous aimez j’en serai heureux, si vous n’aimez pas je serai malheureux mais je continuerai. Vous allez savoir pourquoi.

Ce qui a été facile pour les caractères était impossible pour les dollars, il faudra faire avec. Les généreux donateurs, les mécènes (vraiment) inconscients, les parents (faussement) naïfs, et les amis distraits sont loin, plus question de secours et de rallonge. Il vaut mieux, s’ils savaient dans quel tonneau ils ont déversé leur eau ils s’appelleraient danaïdes.

Je me demande si vous vous demandez qui est nous. Vous connaissez andrem, ici présent, sans accent et sans majuscule, mais vous ne connaissez pas ‘Aliénor sa compagne chère et tendre, épouse légitime, soutien indestructible, esprit rude. Elle ne conduit pas, faute de permis. Enfin si, elle a le permis, mais n’a jamais conduit depuis son succès à l’examen. Elle prétend que c’est trop tard. J’en profite lâchement au lieu de la convaincre du contraire, et je reste aux commandes, j’aime conduire.

‘Aliénor surveille les environs quand je m’endors sur le parking on ne sait jamais ; ‘Aliénor me réveille quand je m’endors au volant et m’oblige à m’arrêter au parking pendant qu’elle surveille les environs on ne sait jamais, tant pis pour la moyenne dit-elle on n’est pas ici pour le Guinness ; ‘Aliénor repère la photo du siècle avant même que le soleil paraisse pour éclairer la plaine juste là où il faut ; ‘Aliénor hypnotise le policier sourcilleux qui nous a surpris nettement au dessus des normales saisonnières ; ‘Aliénor me pousse au détour imprévu qui va nous plonger dans des merveilles cachées, pour une poignée de trois cents kilomètres de plus.

On ne peut concevoir de voyager sans ‘Aliénor.

(à suivre).