Un ange passe, dans un bruit de moteur deux temps.

C’était longtemps après mon retour d’Amérique. Vous pouvez compter le mot longtemps en années. Je n’avais pas encore commencé à raconter ce voyage et à tenir la promesse faite à Marion, sous le fallacieux prétexte qu’elle n’en savait rien, de la promesse. Tout juste si elle savait que nous avions voyagé aux Etats-Unis.

La vérité est qu’on peut bien moins échapper à ces promesses là qu’aux promesses ostensibles, dont chacun sait qu’elles n’engagent que ceux qui les croient. Je n’aime pas beaucoup cette plaisanterie facile, qui dévalorise d’emblée toute notion d’engagement et de fidélité, et qui fait porter le poids du procès d’intention aux plus sincères et aux plus courageux. Seuls ceux qui s’en réclament et qui trouvent cette plaisanterie drôle sont suspects, et bien entendu ceux qui la mettent en pratique ce qui cesse aussitôt d’être une plaisanterie.

Mais la promesse qu’on fait à qui ne l’entend pas et n’a rien demandé est autrement plus difficile à trahir.

Il m’est tombé dessus, un soir ou était-ce un matin, une drôle d’histoire. Ce n’est pas moi qui l’ai inventée. Je l’ai vue, je l’ai lue, et ma promesse m’est revenue. Alors je vais rendre à César ce qui lui appartient, et à Vai de Vai les mots qu’elle m’a offerts ; sans eux, point de promesse, point de voyage. Je vous les dévoile, sachez que j’en suis redevable, et bien au delà de ce que vous pouvez imaginer.

Tout ce cinéma pour une affaire de tondeuse à gazon, la belle affaire. Merci à Vai de Vai de m’avoir ainsi réveillé. Je te serre affectueusement dans mes guillemets.