Promesse.

De l’eau a encore coulé sous les ponts. Elle n’arrête pas de couler sous les ponts, l’eau, à croire qu’elle ne sait faire que couler sous les ponts. Pendant ce temps-là, le trajet de notre périple s’est construit, et j’en sais plus aujourd’hui sur l’Amérique que je n’en saurai jamais. Il ne me reste plus qu’à aller voir sur place si tout est comme dans les livres.

Ai-je bien raison de t’écrire ? Je ne suis même pas capable de deviner si tu en seras heureuse, si tu apprécies que j’aie à ce point besoin de te raconter mes histoires, ou si au contraire tu seras furieuse de me voir sortir du rang, abandonner la place que tu m’assignais. J’ignore jusqu’à la nature de cette place, fauteuil ou tabouret, piédestal ou recoin. Mon seul pari est que tu liras ces lignes quand je ne pourrai plus les reprendre, rien ajouter ni retirer, et que toi-même n’oseras plus les détruire au moins sans les avoir lues jusqu’au bout.

Bon, je ne suis pas venu pour radoter. Il est question d’Amérique. Commençons par le travail du rêve, où les dessins sur les cartes, les signes cabalistiques, commencent à aiguiser le désir, les étoiles signalant les sites, les taches vertes les parcs, les traits rouges les routes, les interminables routes, où je sais déjà que je vais m’ennuyer avec délectation.

Je t’embrasse